Appel à communication : Rapports sociaux de race, résistances et perspectives critiques

Prolongation de l’appel à communication jusqu’au 30 juillet 2015.

Depuis les militantes féministes et abolitionnistes noires du XIXe siècle (Sojourner Truth ou Mary Church Terrel), aux féministes noires lesbiennes des années 70 (Angela Davis, Combahee River Collective, Audre Lorde, entre autres), l’exigence située d’articuler la race au genre, à la sexualité et à la classe, a été le fait de voix minoritaires et réfractaires. À la différence des positionnements intersectionnels de nombreux collectifs locaux, le champ académique français s’est davantage intéressé à l’imbrication des rapports sociaux de classe et de genre, les rapports sociaux de race (Kebabza, 2006) en France faisant le plus souvent l’objet d’analyses hiérarchisées des dominations.

Avec ce colloque sur les rapports sociaux de race, pensés dans leur imbrication à la classe, au genre et aux sexualités, l’association EFiGiES propose un lieu d’échanges et de solidarité dans un contexte d’exacerbation des violences matérielles et symboliques, ainsi que de résistances et de luttes croissantes des sujets racisés. Ces deux journées fourniront un espace de dialogue aux chercheur.e.s (dans et hors le monde académique) et acteurs.trices de collectifs, réseaux ou associations diversifiés. S’inscrivant au croisement de la recherche et du militantisme, ce colloque pluridisciplinaire se veut accessible à tout.e.s les intéressé.e.s. Sont donc attendues des propositions issues de l’ensemble des sciences humaines et sociales mais également des contributions faisant la part belle aux savoirs construits par l’engagement.

La question de la position située d’EFiGiES, à dominante blanche a été l’une de nos motivations pour l’organisation de ce colloque ; les analyses ayant trait à la blanchité [McIntosh, 2004 ; Frankenberg, 1993] dans son imbrication avec le genre, les sexualités et la classe sont donc particulièrement attendues. Les jeunes chercheur.e.s qui ne lisent pas habituellement leurs travaux sous cet angle sont invité.e.s à élaborer des propositions en ce sens.

Les cinq axes de recherche suivants ne sont pas exhaustifs et des interventions proposant une critique explicite du cadre esquissé ici, à partir d’autres positionnalités ou approches théoriques, sont bienvenues. Si nous souhaitons explorer les processus de racisation (De Rudder, 2000) et de résistances dans le contexte français (métropole et territoires post-coloniaux), des approches comparatives peuvent être proposées.

I – La race : un produit scientifique et culturel

Dans cet axe, nous aimerions éclairer l’élaboration de la race en tant que catégorie et ses enjeux dans la structuration des rapports de domination, à travers des communications sur l’historicité du concept de race et des racismes, la hiérarchisation raciale des cultures ou la production de savoirs scientifiques et de politiques culturelles racistes. Alors que les figures du savant et de l’artiste telles qu’elles émergent au XIXe siècle dessinent en filigrane le portrait de l’homme blanc, nous espérons également des interventions qui interrogent l’ethnocentrisme et l’occidentalocentrisme des sciences et des savoirs académiques, qu’il s’agisse de l’évolution de disciplines comme l’anthropologie ou la médecine, des méthodes et des sources pour écrire l’histoire ou du point de vue situé des chercheur.e.s sur leur terrain. Nous voudrions de même interroger, notamment au prisme du genre, les modalités et les effets de la marginalisation institutionnelle des personnes racisé.e.s.

S’il s’agit de revenir sur la contribution et le soutien possibles des instances scientifiques et culturelles à l’idéologie raciste de leurs contemporain.e.s, il importe aussi de mettre en relief les résistances et les déconstructions de la race opérées par les savoirs et les arts, et l’agentivité de leur producteur.rice.s. Enfin, comme l’ont montré les confrontations autour du spectacle « Exhibit B » en 2014, il apparaît nécessaire de penser la place des blanc.he.s dans la production de savoirs et de pratiques artistiques se réclamant d’une visée antiraciste et/ou décoloniale (Gay, 2014).

II- Race, empire et appareil d’État

En contexte colonial puis néocolonial, les politiques étatiques hiérarchisent tant les citoyen.ne.s que les migrant.e.s, produisant leurs lots de privilégié.e.s (« expatriables »), d’exclu.e.s (« sans-papier.e.s », « citoyen.ne.s de seconde zone ») et de morts anonymes. Comment les rapports sociaux de race assignent-ils des corps à des territoires ? À quelles mesures matérielles la catégorie administrative de « gens du voyage » est-elle adossée ? Qu’est-ce qu’être blanc.he en territoire (néo)colonial ? Qu’est-ce qu’être racisé.e en métropole, en banlieue ou dans un village, etc. ? Du profilage racial aux politiques migratoires, comment les États contrôlent-ils leur territoire et modulent-ils la liberté de circulation ? Quelles frontières différentielles, matérielles et symboliques sont édifiées, franchies ou remodelées ?

Tandis que les territoires coloniaux faisaient l’objet de législations spécifiques aux indigènes, l’actuelle « police des frontières » est redoublée sur les territoires nationaux par un système juridique et policier différentiel, qui criminalise des figures spécifiques de délinquant.e.s (prostituées sans papières, « dealers » présumés) et normalise les crimes policiers. Quelles sont les modalités genrées à l’œuvre dans les représentations des sujets à contrôler, à « assister » (Mile, 2008) ou à « secourir » (Chouder, Latrèche, Tevanian, 2008) ? Comment faire face à la manière dont la non conformité aux normes de genre occidentales permet de légitimer un racisme culturaliste (contrôle des femmes voilées, suspicion de « radicalisation », etc.) ? Et enfin comment hommes, femmes, cis ou trans, contournent, transgressent ou affrontent ces politiques étatiques ?

Au sein de l’empire, le contrôle des corps passe par l’imposition de normes de genre et de sexualité occidentales : des dispositifs médico-légaux et disciplinaires héritées du XIXe siècle et encore mis en œuvre dans certains pays du Sud à l’imputation d’une homophobie propres aux racisé.e.s des « banlieues ». Il est ainsi possible de dresser une cartographie de l’impérialisme sexuel et des reconfigurations des économies érotiques et impériales depuis la colonisation : des excursions orientalistes du XIXe siècle au tourisme sexuel « exotique » en Thaïlande.

III – Le prisme de l’exploitation

Dans cet axe, nous aimerions voir aborder le monde du travail, en tant que site central des rapports de domination mais aussi foyer majeur des mobilisations collectives. La division mondialisée du travail reflète et reproduit les mécanismes de domination Nord-Sud. Bien souvent, les politiques de l’emploi assignent respectivement les femmes et les hommes migrant.e.s des Suds ou les Français.es racisé.e.s au travail de reproduction sociale (Falquet, Moujoud, 2010), et aux travaux physiques d’entretien et de construction (Galerand, Kergoat, 2013). Ces observations concernent tant les entreprises que les universités.

Les politiques migratoires européennes produisent et hiérarchisent différentes catégories de travailleu.se.r.s immigré.e.s, rejetant les plus précaires d’entre elles et eux dans les secteurs d’activité informelle en créant une vulnérabilité politique considérable. Ces processus induisent des fractures et des conflits d’intérêt majeurs entre femmes (Le Renard, 2013), notamment du fait d’une exploitation des unes par les autres.

Par ailleurs, la valeur accordée à un travail, qu’il soit activité rémunérée ou non, est fortement influencée par la « valeur raciale » de son producteur. Nous espérons des communications qui abordent aussi bien les discriminations raciales à l’emploi, les écarts de rémunération, la vulnérabilité plus ou moins importante au chômage, à l’emploi saisonnier, les stéréotypes de genre et de race attachés à certaines tâches ou métiers, la racialisation du care (Tuominen, 2003) mais aussi les mouvements des sans-papier.e.s, les actions de collectifs de personnes racisé.e.s, leurs liens avec les organisations traditionnelles de défense des travailleurs, etc.

IV- Race, représentativité et mobilisations collectives

Au cours des années 2000, la « diversité » fait son entrée dans la vie politique française. C’est ainsi que des élues de la diversité comme Fadela Amara, Rama Yade ou encore Rachida Dati deviennent des figures de proue de la droite en 2007. Mais l’attention portée aux effets socio-politiques de la « diversité » a révélé que, malgré cette mise en scène médiatique et politique, sa valeur réelle était assez limitée (Bereni, Jaunait, 2009 ; Avanza, 2009). Qui plus est, respecter la diversité du personnel élu demeure un engagement informel car, contrairement à la parité, aucune loi n’impose aux partis politiques des élu.e.s racisé.e.s.

Qu’en est-il aujourd’hui, une décennie après l’apparition de la « diversité » dans le vocabulaire institutionnel français ? Dans un contexte où les fractures sociales (irrésolues) se sont à nouveau montrées dans toute leur ampleur, et où le vote en faveur de l’extrême droite mais aussi l’abstention ne cessent de s’accroître, il s’agit dans cet axe de réinterroger la « diversité » en politique. Les propositions de communication peuvent concerner la représentation et/ou le vide politique, aussi bien du point de vue de l’électorat que de celui des partis politiques et des mobilisations collectives. Une considération de l’échiquier politique du point de vue de l’imbrication des rapports sociaux sera valorisée. Quelles hiérarchies des luttes, quelles stratégies de captation de l’adhésion électorale et sont-elles mises en œuvre ? Les communications peuvent également rendre compte de trajectoires individuelles d’acteurs.trices racisé.e.s au sein des partis politiques ou d’organisations alternatives.

V – Féminismes intersectionnels

Le concept d’intersectionnalité, construit par la juriste afroaméricaine Kimberlé Crenshaw à la fin des années 1980 affirme la nécessité de mettre au centre de la réflexion et de l’action, la condition de sujets politiques confrontés à une multiplicité de rapports de domination, en l’occurrence, de sexe, race et classe (Crenshaw, 2005). Si l’articulation de ces rapports sociaux est complexe, susceptible d’analyses locales contrastées, les féminismes intersectionnels s’opposent aux politiques impérialistes du féminisme et des luttes LGBT majoritaires, ainsi qu’à la blanchité des principaux mouvements anticapitalistes. Elles interpellent également les courants politiques antiracistes et décoloniaux sur l’androcentrisme et parfois l’hétérocentrisme de leurs projets politiques. Selon les conjonctures et les orientations politiques, la rupture franche ou la négociation (Nnaemeka, 2004) sont de mise.

Cet axe invite une lecture des zones d’ombres historiques et théoriques de l’intersectionnalité. L’invisibilisation des luttes historiques des femmes des Suds, ou leur récupération médiatique occidentale (notamment dénoncée par les combattantes kurdes de Kôbané) accréditent l’idée d’une exception occidentale du féminisme. En quels termes propres ces luttes sont-elles pensées et orchestrées, et quels enseignements apportent-elles aux féminismes du Nord ? Nous attendons par ailleurs des communications sur l’histoire des collectifs féministes intersectionnels en France, moins connue que celle des États-Unis, ainsi que leurs points de dissensions avec le féminisme blanc. En empruntant cette double échelle globale et nationale, il s’agit aussi d’explorer la vigueur actuelle des féminismes transnationaux et des mobilisations féministes en France (féminismes islamiques, afroféminismes, queers of color, etc.). Des propositions qui rendent compte des enjeux spécifiques de la lutte des queers et trans’ racisé.e.s et de leurs perspectives d’émancipation seront les bienvenues durant ce colloque.

Modalités de soumission

Les propositions de communication rédigées en français d’une page maximum (bibliographie non comprise), doivent être adressées au plus tard le 15 juillet 2015 en format doc. ou pdf à colloque.race.resistances@gmail.com. Merci de mentionner, dans le document joint, vos nom, prénom, statut, votre éventuel rattachement (université, association, collectif) et de rappeler votre adresse électronique.

Le colloque se déroulera les 22 et 23 octobre 2015 à la MSH Paris Nord. Les réponses d’acceptation ou de refus seront envoyées par mail le 1er septembre 2015.

Pour toute information complémentaire, merci de nous contacter à l’adresse : colloque.race.resistances@gmail.com.

Comité d’organisation :

  • Lola Gonzalez-Quijano, docteure en histoire, chercheuse associée au LaDéHIS (EHESS)
  • Isabelle Matamoros, doctorante en lettres et histoire au LIRE (Lyon 2) et au CERLIS (Paris 5 Descartes).
  • Mira Younes, doctorante en psychologie sociale, UTRPP, Paris 13.
  • Marie-Sherley Valzema, doctorante en sciences de l’information et de la communication, CIM, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Journée organisée avec le soutien financier du Gis Institut du Genre et du Ministère de l’Enseignement supérieur.

Bibliographie

Avanza Martina, « Qui représentent les élus de la « diversité » ? Croyances partisanes et points de vue de  » divers » », Revue française de science politique, 2010, vol. 60, n°4, p. 745-767.

Bereni Laure, Jaunait Alexandre,« « Usages de la diversité » », Raisons politiques, 2009, n°35, p. 5-9.

Chouder Ismahane, Latrèche Malika, Tevanian Pierre (eds.), Les filles voilées parlent, textes et entretiens recueillis, Paris, La Fabrique, 2008.

Combahee river collective, « Déclaration du Combahee River Collective », Les cahiers du CEDREF, n°14, 2006, p. 53-67.

Crenshaw Kimberlé « Cartographie des marges : Intersectionnalité, politiques de l’identité et violences contre les femmes de couleur », Cahiers du genre, n°39, 2005, p. 51-82.

De Rudder Véronique, « Racisation ». Vocabulaire historique et critique des relations interethniques, 2000, n° 6-7, p. 111-113.

Falquet Jules, Moujoud Nassima, « Cent ans de sollicitude en France », Revue Agone, nº43, 2010, en ligne, http://revueagone.revues.org/925.

Gay Amandine, « « Exhibit B » : Oui, un spectacle qui se veut antiraciste peut être raciste », Slate, 29 novembre 2014, www.slate.fr/story/95219/exhibit-b-raciste.

Galerand Elsa, Kergoat Danièle, « Le travail comme enjeu des rapports sociaux de (sexe) », in Margaret Maruani (dir.), Travail et genre dans le monde, Paris, La Découverte, 2013, p. 44-51.

Guillaumin Colette. Sexe, Race et Pratique du Pouvoir. L’idée de Nature. Paris : éd. côté Femmes, 1992.

Kebabza Horia, « « L’universel lave-t-il plus blanc ?  » : « Race », racisme et système de privilèges », Les Cahiers du CEDREF, n°14, 2006 en ligne. http://cedref.revues.org/428

Le Renard Amélie, « Articuler genre, classe et race. Approches empiriques », in Margaret Maruani (dir.), Travail et genre dans le monde, Paris, La Découverte, 2013 p. 98-106.

Mile Saimir, « La répression et l’assistance », Le Tigre, n°28, 2008, p. 60-63.

Naemeka, Obioma, « Nego-Feminism: Theorizing, Practicing and Pruning Africa’s Way », Signs, n°29, 2004, p. 357-385.

Tuominen Mary C., We Are Not Babysitters: Family Child Care Providers Redefine Work and Care, Rutgers, Rutgers University Press, 2003.

Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances

Journée d’études EFiGiES

Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances

Vendredi 6 décembre 2013 — CNRS (site Pouchet) Paris

organisée par Adeline Adam, Karine Duplan, Lola Gonzalez-Quijano, Guillaume Roucoux, Sherley Valzema

Avec le soutien du GIS Genre, du Cerilac, de l’ANEF, de l’URSHS de Gustave Roussy, de l’observatoire de l’égalité femmes/hommes de la Mairie de Paris, du Pôle Egalité Femmes Hommes (PEFH) de l’Université Paris 7

 

Les institutions mondiales, européennes et françaises de santé construisent leurs politiques publiques autour d’une vision positive et idéalisée de la santé comme « un état de bien-être physique, mental et social et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité1 ». Cette définition amène à s’interroger sur les questions de sexualités, de précarités, d’inégalités, de discriminations et de violences au prisme du genre. Pourtant, les discours et les injonctions à une « bonne santé » et à une « bonne sexualité », qui seraient gages d’épanouissement et de bien-être, tout comme les dispositifs et les pratiques censées les favoriser, sont sous-tendus par des normes de genre qui peuvent aller à l’encontre de ces objectifs. Cette journée d’étude propose ainsi d’interroger ce paradoxe et sera consacrée aux articulations entre genre, santé et sexualités.

Appel à communication au format pdf, disponible ici

PROGRAMME

Disponible au format pdf ici

9h45-12h : Soignez cette anormalité dont je ne saurais souffrir

  • Kira Ribeiro, «La santé (sexuelle) en procès: le genre dans la criminalisation

    du VIH»

  • Romain Amaro, « Diluer la santé mentale et sexuelle des gays dans les rites d’injection de drogue de synthèses »

  • Pierre Brasseur, « Assister la sexualité de la personne en situation de handicap : retour autour d’une controverse »

  • Michal Raz, « Sexisme et hétéronormativité dans la prise en charge médicale des intersexuéEs »

Pause déjeuner offerte

14h-15h45 : Contrôle et droits reproductifs

  • Anaïs Garcia, « Planification familiale et contrôle de la reproduction des femmes indigènes guatémaltèques »

  • Yira Lazala, « Tensions politiques des discours de la presse espagnole sur les droits sexuels et reproductifs des femmes latino-américaines (2002-2012) »

  • Mona Claro, « Les femmes entre injonction à la maternité et « culture de l’avortement » en Russie soviétique (1955-1991) »

16h15-18h : Prescriptions, résistances et réappropriations

  • Florys Castan, « Les activités physiques et sportives féminines (milieu du XIXe s -1945): proscriptions, prescriptions et résistances »

  • Stéphanie Pache, « Le mouvement des psychologues féministes américaines : nouvelle injonction à la santé ou forme de résistance? »

  • Cinzia Greco, « Résistances et appropriations : le corps mastectomisé »

18h : Conclusion de la journée

à partir de 19h30 : soirée festive à La Mutinerie (entrée libre et restauration sur place)
 
Résumé des communications

Kira Ribeiro – Paris 8 LabTop CEFEG GRAL : La santé (sexuelle) en procès : Le genre dans la criminalisation du VIH

Kira Ribeiro montre comment la politisation du VIH/sida – inspirée de celle de la syphilis – s’est effectuée en deux temps en France, dans deux perspectives différentes.  Au début des années 1990, alors que la trithérapie n’existe pas encore, les politiques s’expriment en faveur d’un enrayement de l’épidémie couplé à une défense nationale par la responsabilisation des porteurs du virus. L’opposition et les associations de lutte contre le sida ne l’acceptent pas. Elles y voient une stigmatisation des personnes séropositives et lui préfèrent une politique préventive. Puis, en 2004, sous l’impulsion de l’association Femmes Positives, la controverse reprend sous des termes différents. D’après ces dernières, la transmission du VIH est une violence faite aux femmes, ce qui sous-entend d’une part que les transmissions sont des actes volontaires de nuisance interindividuelle, et d’autre part qu’elles ne concernent que des couples hétérosexuels au sein desquels les hommes sont coupables et les femmes victimes. Au terme d’une comparaison entre ces deux périodes, Kira Ribeiro montre que la criminalisation de la transmission du VIH aggrave la vulnérabilité des femmes séropositives, plus qu’elle ne les protège, du fait qu’elle repose sur une représentation patriarcale des femmes comme passives, fragiles et dénuées de toute capacité d’agir.

Michal Raz – CERMES3 : Sexisme et hétéronormativité dans la prise en charge médicale des intersexuéEs

Michal Raz présente de manière extensive son analyse d’études scientifiques sur le suivi de personnes diagnostiquées avec une Hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) en France, règlementé par des normes de genre et d’hétérosexualité reproductive. En raison de critères difficiles à remplir, les enfants intersexués sont plus souvent assignés filles, et soumis à un dispositif médical pour s’assurer de leur devenir femme et mère. Bien que certaines désirent avoir des enfants, d’autres n’ont pas de relations sexuelles, les vivent dans l’inconfort en raison d’opérations mutilantes ou méconduites, développent des préférences sexuelles envers d’autres femmes voire s’identifient à un autre genre. En ce qui concerne les hommes, leur sexualité s’évalue au regard de leurs rapports sexuels pénétratifs vaginaux. Or leurs résultats (une non-pratique) n’aboutissent pas non plus à ceux espérés par les médecins. Au regard de premiers résultats, des études plus récentes comme celle de Frédérique Gastaud en France accorde plus de place à d’autres activités sexuelles, et montre une corrélation entre l’absence de rapports et le nombre d’opérations subies. Cependant et malgré ces études, les objectifs des chirurgiens restent peu clairs entre esthétique et effectivité. L’idée d’un échec médical se profile d’autant plus que le « risque trans’ » perçu par ces derniers se concrétise pour une « minorité » de personnes intersexuées. Au final, intersexuation, homosexualité et transsexualité se retrouvent ensemble pathologisées au regard du taux d’hormones administrées ou produites. Ces expérimentations médicales visant la normalité, mais qui rendent d’autant plus difficile la sexualité, interrogent quant à leurs effets sur la santé des individu-e-s concerné-e-s ou la négligence  qu’elles pourraient éventuellement générer.

Cinzia Greco – EHESS/CERMES3 : Résistance et réappropriation : le corps mastéctomisé

La mastéctomie est une procédure chirurgicale qui concerne actuellement 30% des patientes atteintes d’un cancer du sein. Cette procédure qui aboutit à un corps asymétrique à un sein, ou à un corps sans seins, est couramment présentée comme une violation de l’intégrité du corps de la patiente. La réponse à cet état de fait est l’encouragement par le corps médical à la reconstruction de la poitrine. Cette reconstruction n’est pas motivée par des raisons cliniques et le choix revient donc théoriquement à la patiente. Cependant, le corps asymétrique ou sans seins est pathologisé à travers le discours et les pratiques médicales, et les normes de genre liées à l’assignation à un sexe, à une injonction à la désidérabilité et à l’hétérosexualité reproductive pèsent sur ces patientes. Alpha et Beta, sont des associations situées en Ile-de-France qui soutiennent les femmes ayant subi une mastectomie ; elles se concentrent sur la possibilité de ne pas recourir à une reconstruction. Alpha veut donner de la visibilité à ces corps différents par l’intermédiaire de l’art, grâce des expositions sur le thème de l’asymétrie. Elle n’a presque aucun lien avec la sphère médicale car le corps médical perçoit ses activités comme une tentative de stopper le progrès médical, progrès qui semblent donc fortement lié à un retour dans la norme. Beta s’occupe des patientes au niveau individuel en insistant sur le droit d’être à l’aise dans un corps asymétrique. Les entretiens montrent que la profession médicale présente la reconstruction de la poitrine comme le moyen d’avoir une vie normale à nouveau. Cependant, les changements corporels lors du traitement sont nombreux et la reconstruction ne passe pas simplement, voire pas du tout, par le fait de retrouver une poitrine symétrique et conforme aux canons de beauté. Ces normes, relayées et reconduites par une partie du corps médical, invisibilisent le processus de reconstruction, qui est plus général et qui aboutit à des changements radicaux dans l’attitude face à la vie.

Anaïs GarciaToulouse 2 Le Mirail LISST-CAS : Planification familiale et contrôle de la reproduction des femmes indigènes guatémaltèques

Au sein des politiques de santé publique, Anaïs Garcia propose de s’interroger sur la place des femmes indigène au Guatemala. La stérilisation est alors un outil de contrôle du corps re-producteur visant à endiguer une population pauvre et indigène croissante, susceptible de déstabiliser la société guatémaltèque. La protection du territoire nationale nécessite la mise en œuvre d’une planification familiale afin de contrôler les naissances. D’une part, au sein de ces dispositifs, les individus sont dénués de toute forme d’agentivité, d’autre part, le corps des femmes devient un lieu pour instituer ces nouvelles normes procréatives, tandis que les vasectomies, sont, quant à elles, très peu prescrites. Ces nouvelles normes procréatives non seulement impactent les corps mais laissent également des traces, parfois indélébiles. En effet, les stérilisations féminines sont lourdes et risquées. « Cette appropriation autoritaire et collective du corps des femmes indigènes fait écho au cas des violences sexuelles du conflit armé ».

Mona Claro – EHESSLes femmes entre injonction à la maternité et « culture de l’avortement » en Russie soviétique (1955-1991)

Mona Claro s’intéresse aux différentes évolutions de la législation en matière d’avortement en Russie soviétique et sur le rapport des femmes à ces différentes législations. En adoptant une perspective féministe critique, Mona Claro montre comment la question de l’avortement ne peut se réduire à une avancée émancipatoire telle que les discours féministes occidentaux l’ont défendue. Elle déconstruit ainsi de façon critique la façon dont les sciences sociales ont massivement décrit une supposée banalisation de l’avortement en Russie soviétique, ou du moins un recours massif à l’avortement, comme une culture de l’avortement, opposée à une culture « civilisée » de la contraception. En combinant travail d’archives et recueils biographiques, Mona Claro cherche à rendre le vécu des sujets concernés. Elle s’inscrit dans une perspective qui montre à voir l’agentivité à l’œuvre de ces sujets femmes et prône un nécessaire décentrement d’un point de vue occidentalo-centré qu’il s’agit d’adopter lorsque l’on aborde ces questions.

JE « Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances »

 EFiGiES, association de jeunes chercheuses et chercheurs en études féministes, genre et sexualités, et le comité d’organisation vous invitent à sa journée d’études « Genre, santé et sexualités : De l’injonction aux résistances ». Elle aura lieu le 6 décembre prochain, de 9h à 18h30, au site Pouchet du CNRS, 59-61 rue Pouchet, Paris 17è (métro ligne 13, stations Brochant ou Guy Môquet). Elle sera suivie de festivités en soirée. Vous trouverez le programme complet en pièce jointe. L’association organise son Assemblée Générale le lendemain, de 15h à 19h, à la Maison des Initiatives Etudiantes, 50 rue des Tournelles, Paris 3è (métro ligne 1,5,8 station Bastille). En espérant vous y retrouver nombreuses et nombreux !

Féministement,

Le comité d’organisation EFiGiESte,

Adeline Adam, Karine Duplan, Lola Gonzalez-Quijano, Guillaume Roucoux, Marie-Sherley Valzema.

programme à télécharger ici

Appel à communication Je EFiGIES « Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances »

Les institutions mondiales, européennes et françaises de santé construisent leurs politiques publiques autour d’une vision positive et idéalisée de la santé comme « un état de bien-être physique, mental et social et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité[1] ». Cette définition amène à s’interroger sur les questions de sexualités, de précarités, d’inégalités, de discriminations et de violences au prisme du genre.

Pourtant, les discours et les injonctions à une « bonne santé » et à une « bonne sexualité », qui seraient gages d’épanouissement et de bien-être, tout comme les dispositifs et les pratiques censées les favoriser, sont sous-tendus par des normes de genre qui peuvent aller à l’encontre de ces objectifs. Cette journée d’étude propose ainsi d’interroger ce paradoxe et sera consacrée aux articulations entre genre, santé et sexualités. L’appel à contribution s’adresse à des jeunes chercheuses et chercheurs (étudiant·e·s en master, doctorant·e·s, post-doctorant·e·s) et se veut résolument pluridisciplinaire. Différents axes de recherche, non exhaustifs, ont été dégagés.

La santé, (nouvelle) morale sexuelle ?

La science a aujourd’hui la capacité d’expliquer le fonctionnement du corps ainsi que l’origine et la transmission des maladies, et l’on pourrait donc penser que la médecine n’est plus le terrain de la morale. Cependant, des discours non scientifiques, voire moraux, occupent encore un terrain que l’on penserait dévolu à la médecine et cette dernière n’est elle-même pas exempte de moralisation. Le sida punirait ceux qui pratiquent la sodomie, ou bien, sur un autre plan et avec d’autres enjeux, des praticiens de la médecine ne laissent pas le choix de leur contraception à certaines patientes (refus de pose d’un stérilet pour cause de vie sexuelle non « stable »). Ils peuvent  aussi refuser de pratiquer l’IVG pour des raisons personnelles, religieuses ou morales (objecteurs de conscience). Ces pratiques et ces discours jouent sur la culpabilité des sujets qui échappent à une sexualité normative et aujourd’hui encore les IST (infections sexuellement transmissibles) peuvent être considérées comme des sanctions frappant les individu·e·s en raison de leurs « turpitudes » et de leur sexualité hors-norme.

Dans cet axe, il s’agit d’interroger non seulement les représentations des infections et des patient·e·s atteint·e·s d’IST mais plus largement la santé en tant que morale sexuelle. L’importance donnée au maintien de la santé physique et sexuelle est-elle susceptible de s’appuyer, volontairement ou non, sur l’inculcation d’une morale implicite ? Dans quelle mesure ce phénomène est-il perceptible dans les discours médicaux ? Et plus largement dans les campagnes de sensibilisation et de prévention liées à la sexualité, dans les cours d’éducation sexuelle délivrés au collège et au lycée ?

Sexisme et hétérosexisme du regard médical et scientifique

De nombreuses vérités médicales se sont succédées au cours des derniers siècles, dont certaines peinent à s’estomper : l’hystérie serait une maladie spécifiquement féminine, les hommes auraient des besoins sexuels plus importants que les femmes, la matrice (l’utérus) serait un pénis retourné et inversé à l’intérieur du corps, etc.

Nous aimerions dans cet axe aborder le sexisme et l’hétérosexisme à l’œuvre dans les sciences tant sur le plan des représentations scientifiques et des recherches entreprises que sur celui des rapports entre soignant·e·s et soigné·e·s. Les communications pourront aborder la prise en compte des spécificités des corps et de la santé des femmes, l’hétéronormativité de la prise en charge médicale des corps trans ou intersexués, la méconnaissance et la stigmatisation des pratiques, des plaisirs et des risques spécifiques aux sexualités dissidentes[2], mais aussi le tabou entourant les pratiques sexuelles des personnes handicapées et des personnes affectées par une maladie de longue durée. D’autres questions peuvent être également abordées, notamment les pratiques sexuelles ou les normes relatives à une bonne santé pendant la grossesse. Les contributions mettant en valeur les formes de résistances vis-à-vis des injonctions médicales et thérapeutiques et de réappropriation des savoirs scientifiques concernant le corps et la sexualité ainsi que les critiques féministes et queer du monde médical sont également les bienvenues.

 Discriminations, inégalités et justice sociale

Ne pas se conformer aux injonctions normatives de genre, de sexualité et de santé, c’est s’exposer, ou se retrouver exposé·e à des discriminations qui relèvent de la reconnaissance citoyenne et qui prennent place dans l’espace public. Il en va ainsi de l’accès aux soins et à la prévention en matière de santé, souvent conditionné par les orientations de genre et de sexualité et également influencé par les localisations géographiques. Il en va de même de la question des mobilités et des pratiques urbaines, tout comme de l’accès à l’espace public : ne sort pas qui veut, où, quand, comme il·elle le souhaite.

L’analyse de ces discriminations amène à s’interroger sur les possibilités pour chacun·e de mener sa vie quotidienne sans entraves, tout comme sur les buts et les enjeux des politiques publiques. Pour qui sont pensées ces politiques ? En quoi orientent-elles les définitions de genre, santé et sexualités ? Quelles mesures sont prises ou non pour garantir un accès à l’espace citoyen en toute sécurité ? Enfin, le rôle joué par les aménagements urbains et architecturaux est également à l’ordre du jour : en quoi l’agencement des différents lieux et espaces (domestique, urbain, public, carcéral, etc.) impose-t-il des normes implicites en matière de genre, santé et sexualité ? Dans cette optique, les questions – aux enjeux multiples – du travail du sexe et du système prostitutionnel ainsi que de la santé de leurs différents acteur·trices·s pourront être mises en perspective.

L’analyse critique des actions menées par ces politiques publiques, tout comme celle des situations de discriminations vécues au quotidien permettra également de relever comment ces discriminations de genre, santé et sexualité s’imbriquent de façon étroite avec d’autres types d’inégalités.

Violences, sexualités et santé

S’exerçant au sein des espaces, privés, publics et professionnels, les violences sexuelles prennent différentes formes : agressions, harcèlement, mutilations, viols, esclavagisme sexuel etc. Ces violences ont des répercussions importantes sur la santé tant physique que psychologique des victimes: comment ces conséquences se manifestent-elles ? Comment les violences sexuelles impactent-elles la sexualité des victimes ? Comment ces effets sont-ils pris en charge par les organismes de santé ? Et a contrario, comment les institutions juridiques, carcérales et médicales encadrent-elles et prennent-elles en charge la sexualité des auteur·e·s de violences sexuelles ?

Par ailleurs, femmes, lesbiennes, gays, trans’ sont exposé·e·s de manière fréquente à différentes violences (hétéro)sexistes, homophobes et sexuelles. De l’injure aux viols « correctifs », qui visent à punir la sexualité supposée des victimes, différents mécanismes sociaux violents se mettent en place dans le but de guérir l’individu·e de sa « déviance ». Le rôle des organismes de soin dans ces réassignations à l’œuvre sera alors à examiner.

Résistances et appropriations

Contraints par des normes, des injonctions voire des oppressions, sexualités et genre deviennent-ils des lieux de résistance allant jusqu’à mettre en jeu la santé  des individu·e·s ? Dans quelle mesure résister ou se réapproprier des normes de sexualité et de genre revient-il à en faire de même avec celles de santé ? Dans cet axe, nous nous intéresserons aux revendications de santé des femmes, des gays, des lesbiennes, des bisexuel·le·s, des trans’, des intersexué·e·s, des queers, des « putes » et acteur·ice·s pornos. Quid de la santé sexuelle des asexuel·le·s ? Considérant que les luttes minent aussi la santé (fatigue, stress et parfois exposition physique des militant·e·s), comment soignent-ils·elles leurs forces, développent-ils·elles ou non en interne des pratiques de care ? Les stages d’autodéfense en font-ils partie ? Résister à des sexualités normatives, c’est-à-dire développer des sexualités queer, inclut les résistances hétérosexuelles à la norme et ne se joue pas dans un opposition straight/queer : résister, c’est aussi s’émanciper ou détourner des représentations, des pratiques, des objets, des lieux conventionnels et hégémoniques. Ces mouvements déplacent les enjeux de santé et créent un décalage entre les individu·e·s, leurs besoins, les institutions médicales, les associations, les savoirs et contrôles sanitaires. On peut citer parmi ces mouvements : les lieux de drague extérieurs, le développement d’Internet et des cybersexualités, etc. Internet est-il le nouveau préservatif ? Nous attendons aussi des communications ayant trait à la culture visuelle, dont les pornos féministes, queer et do it yourself : comment la santé est-elle prise en compte dans et hors champ ?

 

 

Bibliographie

Bajos N. et Bozon M., Enquête sur la sexualité en France : pratiques, genre et santé, Paris, La Découverte, 2008.

Bajos N., Ferrand M. et l’équipe Giné. De la contraception à l’avortement : sociologie des grossesses non prévues. Paris, Inserm, 2002.

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Gayle R., Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe, textes rassemblés et édités par Mesli R., Paris, Epel, 2011.

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Parizot I., Soigner les exclus. Paris, PUF, 2003.

Shorter E., Le Corps des femmes, Paris, Le Seuil, 1984.

 

Comité d’organisation 

 Adeline Adam (Doctorante sous contrat, CERILAC, Paris 7), Karine Duplan (Doctorante en géographie, ENeC, Paris-Sorbonne), Lola Gonzalez-Quijano (Docteure, Gustave Roussy, URSHS), Guillaume Roucoux (Doctorant GSRL-EPHE / Paris 8-LabTop-CEFEG), Marie-Sherley Valzema (Doctorante en sciences de l’information et de la communication, Paris 3, Labo CIM).

 

Modalités de participation

 La journée se déroulera le 6 décembre 2013 à Paris. Le lieu exact sera précisé ultérieurement.

 Les propositions de communication de 30 lignes maximum doivent être envoyées au plus tard le 15 août 2013 à l’adresse : efigiesje2013@gmail.com

Elles doivent être adressées en affichant en objet du mail nom, prénom et JE2013. Les pièces jointes doivent nous parvenir en format doc. avec indications des noms, prénoms, disciplines et rattachement universitaire s’il y a lieu.

Le choix des communications sera communiqué le 15 septembre 2013.

 




[1] Voir OMS, préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé, adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946, Actes officiels de l’Organisation mondiale de la Santé, n°2, p. 100, 1946. Ce texte est entré en vigueur le 7 avril 1948.

[2] Gayle Rubin, « Thinking Sex. Notes for a Radical Theory of the Politics of Sexuality », in Carole Vance (ed.), Pleasure and Danger. Exploring Female Sexuality, 1984. Repris en traduction française dans Gayle Rubin, Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe, textes rassemblés et édités par Rostom Mesli, Epel, 2011.