Rapports sociaux de race, résistances et perspectives critiques

Jeudi 22 octobre

9h15 : Accueil des participant-e-s

9h45-10h15 : Ouverture : Pascale Molinier (GIS IdG)

10h15-12h : Divisions du travail et exploitation

Discutante : Marie-Sherley Valzema, doctorante en sciences de l’information et de la communication, CIM, Université Sorbonne Nouvelle.

  • Camille Gourdeau, docteure en socio-anthropologie, URMIS, Université Paris 7, « Orienter les « primo-arrivants » vers les « secteurs porteurs ». Le volet « emploi » du Contrat d’accueil et d’intégration à l’épreuve de la segmentation du marché du travail ».
  • Ibrahima Diallo, doctorant en sociologie, GRESCO, Université de Poitiers, « Les migrants saisonniers en Bretagne et en Champagne-Ardenne, entre discrimination et exploitation »
  • Association / traiteur CIP 20 (Les Citoyennes Interculturelles de Paris 20), « Parcours d’une association de femmes »

12-13h30 : Pause déjeuner

13h30-15h15 :Discrimination et résistances dans le champ académique

Discutant-e : Julie Abbou, docteure en linguistique, IGE, Université de Metz

  • Elodie Druez, doctorante en sciences politiques, Centre d’études européennes, Sciences Po Paris, « De l’expérience de la racisation à sa politisation : le cas des diplômé/e/s d’origine subsaharienne en France. »
  • Naima Hamrouni et Chantal Maillé, professeures en sciences politiques, Universités de Laval et Concordia, « Les femmes racisées dans la recherche féministe au Québec : situation des savoirs et francophonie »
  • Carmen Diop, doctorante en sciences de l’éducation, EXPERICE, Université Paris 13, « Produire un savoir contre-hégémonique »

15h15-16h30 : Pause

15h30-17h15 : « Mauvais-e-s immigré-e-s »

Discutant-e : Karim Hammou, chargé de recherche en sociologie, CNRS/CRESPPA-CSU.

  • Sihame Assbague, pour le collectif Stop le Contrôle au Faciès, « Titre à venir »
  • Giada De Coulon, docteure en ethnologie, HES-SO, Haute École du travail social, Fribourg « ‘Les dealers du quartier’. Prise en compte intersectionnelle de jeunes-hommes guinéens dans l’espace public diurne »
  • Virginie Blum, doctorante en sociologie, Centre Max Weber, Université Lyon 2, « Le bon », « l’indigent » et « le voyou » face au notable. La catégorisation genre-race-classe des ‘faillis’ chez les juges du tribunal de commerce

 

Vendredi 23 octobre

9h30 : Accueil

10h-12h15 : Discours hégémoniques et reconfiguration des rapports de domination

Discutant-e : Mira Younes, doctorante en psychologie sociale, UTRPP, Université Paris 13

  • Marion Obert, doctorante en sciences politiques, Irisso, Université Paris Dauphine, « Le sexe des colonisé-e-s : rapports sociaux de sexe et de « race » dans les discours d’un cercle colonial parisien de l’Entre-deux-Guerres : les Entretiens sur l’évolution des pays de civilisation arabe (1936-1939) »
  • François Ndjapou, doctorant en psychologie sociale, UTRPP, Université Paris 13, « Diversité contre égalité : controverses au cœur de l’évolution des formations en travail social et des luttes syndicales »
  • Sylvie Tissot pour le collectif LMSI (Les Mots Sont Importants), « Vous avez dit « sociétal » ? Réflexions sur la définition de la « question sociale » dans le monde militant »
  • Amélie Le Renard, chargée de recherche en sociologie, CNRS/CMH-PRO, « Performer l’égalitarisme ? Les Français-e-s de Dubaï et les employées domestiques »

12h15-14h : Pause déjeuner

14h-15h45 : Féminismes intersectionnels

Discutant-e : Margot Silcri, doctorante en sciences politiques, Université Paris Dauphine

  • Tauana Gomes Silva, doctorante en histoire, CERHIO, Université Rennes 2, « La contribution d’une femme noire, Thereza Santos, à la construction des mouvements féministes et noirs au Brésil (1964-1988) »
  • Sarah Carmona, historienne, chargée de cours à l’Université de Provence, « Approche intersectionnelle et décolonisation des savoirs sur les Roms. Posture ou réalités ontologiques? »
  • Collectif LOCs (Lesbiennes Of Color), « De l’inspiration à l’action lesbienne of color »

15h45-16h15 : Conclusion et discussion collective

16h30 : Performance sur film : Nèfta Poetry, Camisole de Sucre

17h : Pot convivial

 

Informations pratiques :

Ce colloque est organisé par l’association EFiGiES avec le soutien du Gis-Institut du Genre, de l’Université Paris 1 Dauphine et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Le colloque à lieu à la Maison des Sciences de l’homme (MSH Paris Nord), 20 avenue George Sand à Aubervilliers

Accès métro Front populaire, Ligne 12

Adresse de contact : colloque.race.resistances@gmail.com

Féminisme(s) e(s)t politique(s)

Mardi 24 janvier 2012 – Paris
Journée d’étude EFiGiES
« Féminisme(s) e(s)t politique(s) »

organisée par Emmanuelle Beaubatie, Solenn Carof, Aurélie Chrestian, Édith Gaillard, Gabriell Galli, Lola Gonzalez-Quijano, Marie Quévreux, Guillaume Roucoux.

Avec le soutien de l’Institut Émilie du Châtelet (Région Île-de-France / Muséum National d’Histoire Naturelle) et de l’EHESS.

PROGRAMME

Disponible en format PDF ici.

9h : Accueil des participantes, café
9h30 : Introduction de la journée d’étude

9h45 – 12h30 : Table ronde 1 : Les divergences, les continuités et les mutations du féminisme.

  • Florys Castan-Vicente et Sophie Pépin : « Continuité et rupture dans l’entre-deux-vagues : la question du politique »
  • Fanny Tourraille : « La “question du voile”, opérateur et révélateur des transformations de l’espace du mouvement féministe »
  • Hélène Nicolas, Sloane Kersusan, Delphine Rosin et Myriam Benguerine : « Du MLAC au FRASC, histoires de transmissions à Grenoble »
  • Joane Chabassier : « Qu’est-ce que défendre la cause publique des femmes ? Distancions et concurrences au sein des organisations féministes en France à l’heure d’une 3ème vague »

Pause déjeuner offerte

14h15 – 16h15 : Table ronde 2 : Mouvements féministes, partis et courants politiques.

  • Valentine Baleato : « La place du paradigme féministe dans l’institutionnalisation de la lutte contre la violence conjugale en France »
  • Nicole Forstenzer : « L’“entreprenariat public de genre” dans le Chili de la post-dictature (1990-2010) : une configuration particulière des rapports entre féministes et partis politiques »
  • Irène Pereira : « Un exemple de rapports entre Anarchisme et féminisme : l’organisation Alternative libertaire entre 2006 et 2010 »

16h25 – 17h45 : Table ronde 3 : L’engagement féministe dans les pratiques quotidiennes et les « pratiques de soi »

  • Anahita Grisoni : « Féminisme et écologie : les mouvements de femmes des professionnelles de la santé naturelle »
  • Anna Reymondeaux : « Changer sa vie à défaut de changer le monde »

17h45 : Conclusion de la JE

À partir de 19h30 : Soirée festive à La Générale

Lieux :
EHESS : Amphithéâtre – 105 boulv. Raspail, Paris 6ème (M° 4 : Saint-Placide, Vavin – Bus n° 58, 68, 83, 89, 91)
LA GÉNÉRALE : 14 avenue Parmentier, Paris 11ème (M° 9 : Voltaire – Bus n° 46, 56, 61, 69)

RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS

Disponibles en PDF ici.

Sophie PÉPIN et Florys CASTAN-VICENTE : « Continuité et rupture dans l’entre-deux-vagues : la question du politique »
Entre les deux « vagues » mises en valeur par l’histoire du féminisme en France, des travaux ont pu mettre en valeur des mouvements moins connus, tel le Mouvement démocratique féminin (MDF). Le MDF est un rassemblement militant de femmes qui a existé et s’est développé au cours des années 1960. Or ce mouvement se trouve affilié au futur MLF par l’intermédiaire d’Anne Zelensky. En effet, elle est à l’origine, avec Jacqueline Hogasen, du groupe féministe universitaire Féminin, masculin, avenir  (FMA) créé en 1967, et rapidement intégré au MDF. Nous nous interrogerons donc sur la rupture entre deux générations de féministes et nous nous demanderons dans quelle mesure la rupture entre le MDF et la « deuxième vague » féministe se fait sur la place et la définition du politique. Cette rupture nous permettra d’évoquer des conflits plus récents entre associations féministes, sur la question du politique également.

Fanny TOURRAILLE : « La « question du voile », opérateur et révélateur des transformations de l’espace du mouvement féministe »
Cette contribution émane d’une enquête menée dans le cadre d’un doctorat de Sociologie à l’Université Toulouse 1 (LaSSP). A travers l’examen des mobilisations féministes sur la « question du voile », elle se penchera sur les conditions d’émergence et de pérennisation de collectifs féministes incluant des femmes voilées.
Minoritaires dans le champ féministe et confrontés à l’hostilité des autres groupes, ces collectifs peinent à s’imposer. L’imaginaire colonial qui continue de travailler le féminisme majoritaire explique une part de leurs difficultés et des fortes préventions à l’égard de l’Islam qui leurs sont opposées. Mais l’étude de ces groupes montre, d’une part, que la question du voile a agi comme révélateur de contradictions et de tensions multiples qui ne peuvent se réduire au seul paradigme colonialiste et, d’autre part, qu’il y a minoritaire et minoritaire: être minoritaire au sein du champ féministe implique déjà d’avoir les ressources nécessaires en terme de réseaux, de positions sociales ou d’aptitudes militantes pour « jouer le jeu ».

Hélène NICOLAS, Sloane KERSUSAN, Delphine ROSIN et Myriam BENGUERINE : « Du MLAC au FRASC, histoires de transmissions à Grenoble »
Des militantes des Féministes pour la Réappropriation de l’Avortement et des Contraceptions (FRASC) exposeront la manière dont elles se sont emparées, en 2006, des luttes menées par le MLAC dans les années 1970 à Grenoble. La rencontre avec des militantes et la découverte des archives de cette lutte ont donné lieu à des actions, à un livre (Avorter, histoires des luttes et des conditions d’avortements) et à une émission radio de libre antenne sur la sexualité (Cas Libres). Nous reviendrons sur les heurts et bonheurs des rencontres avec les « vieilles » militantes et sur les raisons de ces rapports divers.

Joanne CHABASSIER : « Qu’est ce que défendre la cause publique des femmes ? Distancions et concurrences au sein des organisations féministes en France à l’heure d’une 3ème vague »
L’intervention proposée abordera les questions des évolutions et des trajectoires du/des féminismes aujourd’hui. La communication s’appuiera sur un travail d’analyse lexicale des autodéfinitions des organisations engagées dans la « cause des femmes ». Entre unité et pluralité, il s’agira d’interroger l’intersectionnalité des postures politiques féministes au regard d’une dynamique de 3ème vague.

Valentine BALEATO : « La place du paradigme féministe dans l’institutionnalisation de la lutte contre la violence conjugale en France »
Depuis les années 2000, le phénomène de la violence conjugale rencontre l’intérêt des pouvoirs publics, ce qui peut être analysé comme le résultat de la mobilisation sociale des associations féministes dans ce domaine à partir des années 1970. L’institutionnalisation de cette « cause » a entraîné une relative marginalisation du « paradigme féministe » au profit d’un « référentiel sécuritaire » dans la lutte contre l’insécurité et la délinquance, qui participe d’une certaine « racialisation » de la violence conjugale.

Nicole FORSTENZER : « L’ »entreprenariat public de genre » dans le Chili de la post-dictature (1990-2010) : une configuration particulière des rapports entre féministes et partis politiques »
Cette communication aborde la division du féminisme chilien en branches aux projets politiques divergents à partir de leur position vis-à-vis de la coalition de centre-gauche ayant porté le retour à un système démocratique, la Concertation de partis pour la démocratie. Dans un premier temps, l’émergence d’un « triangle de velours » (A. Woodward) et de ce que je propose d’appeler un « entreprenariat public de genre » est évoquée à partir de la double militance et des processus d’institutionnalisation et de professionnalisation féministe, en lien avec la mise en place de politiques publiques d’égalité hommes-femmes et notamment de la création du Service national de la femme, le SERNAM. Dans un second temps, la communication éclaire les rapports entre différentes branches du féminisme, partis politiques et autres mouvements sociaux à travers la présentation de deux épisodes illustratifs.

Irène PEREIRA : « Un exemple des rapports entre anarchisme et féminisme : l’organisation politique Alternative libertaire entre 2006 et 2010 »
En abordant la question des rapports entre anarchisme et féminisme, nous souhaitons nous interroger sur l’existence ou non d’une spécificité des organisations politiques anarchistes dans leurs rapports au féminisme. Y aurait-il de la part des organisations anarchistes, par rapport aux autres organisations politiques de l’extrême gauche française, une réception particulière des questions féministes ? Ces organisations échappent-t-elles aux critiques faîtes habituellement par les féministes aux organisations politiques ? L’attention que les anarchistes portent historiquement aux rapports de pouvoir, aux revendications autour de l’amour libre et de l’épanouissement individuel, constituent-ils un terrain favorable pour le féminisme ? À partir de l’exemple de la commission anti-patriarcat de l’organisation politique de la mouvance anarchiste française, Alternative libertaire, dont nous avons suivi le fonctionnement entre 2006 et 2010, nous souhaitons apporter un éclairage à ces questions.

Anahita GRISONI : « Féminisme et écologie : les mouvements de femmes des professionnelles de la santé naturelle »
La naturopathie est une médecine douce, naturelle ou alternative, non reconnue en France, qui s’inscrit dans la perspective historique de la mouvance New Age. Cette thérapie en transformation a été l’objet de mon travail de thèse. A priori, cette enquête ne relève ni de l’étude du féminisme, ni de celle du politique. Pourtant, au-delà du discours réflexif des acteurs, j’ai pu observer l’émergence d’une forme de mouvement de femmes qui se développe au sein de cette population. De nature essentialiste et religieuse, inscrite dans la mouvance New Age et héritière des apports de l’éco-féminisme, les principes et les valeurs défendues par le « mouvement des femmes de la santé naturelle » semble constituer le terreau fertile sur lequel la critique d’Élisabeth Badinter, auteure de Le conflit, la femme et la mère, s’est élaborée.

Anna REYMONDEAUX : « Changer sa vie à défaut de changer le monde »
Les militantes du MLF, féministes, souvent lesbiennes des années 70 ont réinventé leurs vie : c’est par cette vie-là, réinventée, que fait sens l’utopie. Des consciences et des vies se sont alors « fabriquées », loin d’un cadre de lutte traditionnel, c’est la ré-appropriation de l’existence qui se fait lutte. Le féminisme est un engagement militant singulier, dont l’analyse offre une vision de la place de la radicalité dans nos sociétés. Aujourd’hui les mêmes questionnements s’opèrent : doit-on tendre exclusivement vers l’égalité ? Ou doit-on faire preuve de force et créativité? A l’heure où la visibilité semble avoir remplacé la résistance, ces deux idéaux sont-ils compatibles ?

JE « Féminisme(s) e(s)t politique(s) » : programme final et résumés

Cher·e·s efigistes,

le mardi 24 janvier 2012 prochain se tiendra la Journée d’étude EFiGiES : « Féminisme(s) e(s)t politique(s) », de 9h00 à 18h00, à Paris.

Le programme final et les résumés des communications sont disponibles ici et ici.

Soirée festive à La Générale à partir de 19h30, avec la diffusion d’un documentaire-teaser par la Cie Jours Dansants, un stand DIY de T-shirts féministes, une exposition de photos sur le militantisme féministe par Romain Beurrier, et de la musique par DJ Jean Pierre Léo.

EHESS : Amphithéâtre – 105 boulv. Raspail, Paris 6ème (M° 4 : Saint-Placide, Vavin)
LA GÉNÉRALE : 14 avenue Parmentier, Paris 11ème (M°9 : Voltaire)

2005 : Transmission 1

Journées d’étude CEDREF – EFiGiES
Transmission : Savoirs Féministes et pratiques pédagogiques – vol. I

27-28 mai 2005

SOMMAIRE

LE PROJET :

Les 27 et 28 mai 2005, EFiGiES et le CEDREF ont organisé, avec le soutien du RING, de l’Observatoire de la Parité et de l’ANEF, les premières journées d’étude : « Transmission : Savoirs Féministes et pratiques pédagogiques ».

La volonté d’organiser des journées de réflexion sur la transmission des savoirs féministes au sein des universités est venue d’un constat simple : celles et ceux qui entendent diffuser ces savoirs se heurtent à de nombreuses difficultés. Le caractère récent de l’institutionnalisation des études féministes conduit à un certain nombre de difficultés spécifiques au sein des universités : absence de manuels, difficulté d’intégration de la dimension genrée dans les cursus, nécessité d’apporter la preuve du bien-fondé de ces enseignements aussi bien face aux étudiant·e·s qu’aux enseignant·e·s, etc.
Aujourd’hui, il n’existe pas d’espace de débat, d’analyse et d’élaboration collective à propos de ce qui pourrait être une pédagogie féministe, dans sa forme et son contenu. C’est précisément cet espace que nous souhaitions ouvrir et construire ensemble au travers des journées « Transmission : Savoirs féministes et pratiques pédagogiques ». Ces journées voulaient fournir les moyens de créer un cadre de rencontre, un réseaux de travail entre personnes qui transmettent des savoirs relatifs au féminisme, genre, rapports sociaux de sexe et sexualités.
Leur objectif était mieux diffuser et visibiliser les savoirs féministes et les théories du genre qui en sont issues, ceci en menant collectivement une réflexion permettant de faire émerger des solutions et d’acquérir, grâce à l’échange, un savoir pratique d’enseignement des théories féministes.
Outre l’apport individuel que chacun·e pourra tirer de ces rencontres, la légitimation et l’institutionnalisation des études féministes dépendent avant tout de cette mobilisation collective.

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PRÉSENTATION :

1. Qui sommes nous ?

Le comité d’organisation du projet « Transmission : savoirs féministes et pratiques pédagogiques » est né de la rencontre entre les membres du CEDREF (Centre d’Etudes, de Documentation, de Recherche pour les Enseignements Féministes) et les membres de l’association EFiGiES (Association des jeunes chercheuses en études féministes, genre et sexualités) autour de réflexions sur les pratiques d’enseignement dans le domaine des recherches féministes. Le RING (Réseau interdisciplinaire et interuniversitaire sur le genre), apporte son soutien matériel et relationnel à ce projet.
À travers ces journées, les membres de CEDREF ont souhaité poursuivre et approfondir les réflexions entamées, notamment en 1997 lors du colloque « 25 ans d’études féministes à l’Université de Paris 7 » (en 1997) autour de la question du sens théorique et pratique à accorder à l’enseignement dans nos différentes disciplines des études féministes, du genre, des rapports sociaux de sexe et de la sexualité. Pour le CEDREF, il s’agit de partager une expérience accumulée au fil des années, de poursuivre la réflexion et de la confronter avec celles d’autres féministes (autres notamment par la génération, l’appartenance à un groupe minoritaire, le statut professionnel et l’insertion politique dans les mouvements de femmes). Ce sera également l’occasion de réfléchir à l’avenir, à un moment où la perspective de genre semble de mieux en mieux acceptée et en voie d’institutionnalisation : l’on commence effectivement à envisager des enseignements depuis le début des cursus (développement horizontal) ainsi que des filières ou parcours  » genre  » (développement vertical) qui prennent leur place dans le cadre du LMD et des projets genre inter-universitaires en cours de construction.
De leur côté, les jeunes chercheuses d’EFiGiES sont directement confrontées à la difficulté d’accéder aux savoirs féministes, encore dispersés et insuffisamment reconnus. Se trouvant maintenant, elles-mêmes, en situation de transmission de ces savoirs, tout en devant gérer une position précaire et marginale en tant que chargée de cours ou ATER, elles ont souhaité collectiviser leurs connaissances pédagogiques et partager leurs expériences sur les obstacles et ficelles rencontrées. Aujourd’hui, il n’existe pas d’espace de débat, d’analyse et d’élaboration collective à propos de ce que pourrait être une pédagogie féministe, dans sa forme et son contenu.
C’est précisément cet espace que nous souhaitons ouvrir et construire ensemble, avec l’objectif clair de mieux diffuser et visibiliser les savoirs féministes et les théories du genre qui en sont issus.

2. De la nécessité de réfléchir sur nos savoirs et pratiques

La volonté d’organiser des journées de réflexion sur la transmission des savoirs féministes au sein des universités est venue d’un constat simple : celles et ceux qui entendent diffuser ces savoirs se heurtent à de nombreuses difficultés. La première tient au fait que ces savoirs sont récents : ils n’ont qu’une trentaine d’années et doivent donc encore acquérir leur légitimité pour être accueillis comme allant de soi, tant par le monde universitaire que par les étudiant-e-s. Malgré l’expérience accumulée depuis trente ans par les enseignantes-chercheuses qui se sont regroupées dans des réseaux tels que l’ANEF ou le RING, ou à l’intérieur des universités (Lyon 2, Toulouse-Le Mirail, Paris 8, Paris 7, etc.), il reste important de poursuivre son œuvre de formalisation afin de permettre sa transmission auprès des nouvelles générations d’enseignantes.
Les doctorant-e-s et docteur-e-s destinés à devenir enseignant·e·s/chercheur·e·s ne sont formés véritablement qu’à la recherche au sein de leur laboratoire, seuls les moniteurs et monitrices ont à ce jour accès à des formations à l’enseignement. L’acquisition des techniques pédagogiques ne se fait donc que par le passage abrupt du statut de doctorant·e à celui de chargé·e de cours, puis d’ATER et enfin aux attributions d’un poste de Maître de conférence, sans qu’à aucun moment, une formation systématique à la pratique de l’enseignement ne soit jamais délivrée.
Qui plus est, le caractère récent de l’institutionnalisation des études féministes, conduit à un certain nombre de difficultés spécifiques au sein des universités, que chaque enseignant·e se trouve tenu·e de résoudre seul·e : absence de manuel sur le genre, nécessité de faire la preuve de l’utilité de ces enseignements par rapport à d’éventuels débouchés professionnels, intégrer une approche en terme de genre dans des cursus où cela n’était pas prévu, enfin la question de la mise en place de filières genre au sein des institutions…
C’est parce qu’ils nous apparaît primordial de rompre l’isolement dans lequel chacun·e se trouve pour faire face à ces obstacles que nous avons souhaité organiser ces journées. Leur objectif est donc de mener collectivement une réflexion qui nous permette de faire émerger des solutions et d’acquérir des un·e·s les autres un savoir pratique d’enseignement des théories féministes, qui non seulement améliore cet enseignement en le rendant plus efficace et cohérent, mais qui le rende aussi moins ardu pour chacun·e d’entre nous.
Outre l’apport individuel que chacune pourra tirer de ces rencontres, la légitimation et l’institutionnalisation des études féministes dépendent, nous semblent-il, de cette mobilisation collective.

3. Objectifs de ces journées

  • Créer un cadre de rencontre entre personnes qui transmettent des savoirs féministes, sur le genre, les rapports sociaux de sexe et les sexualités, tant à l’université que dans d’autres espaces d’enseignement (Institut de recherche sur le travail social, écoles d’infirmières, conférence, etc.), et celles qui souhaitent dans une perspective transversale, intégrer ces problématiques aux contenus de leurs enseignements non spécifiques ;
  • Rompre l’isolement des chercheur-e-s et enseignant-e-s, permettre de réfléchir sur les pratiques et d’approfondir nos connaissances sur le plan théorique, méthodologique, politique ;
  • S’interroger sur les formes, plus ou moins subtiles, de rapports de pouvoir dans lesquelles s’inscrivent nos pratiques pédagogiques et nos savoirs féministes : racisme, classisme, hétérosexisme, âgisme, grossisme, parisianisme, etc. ;
  • Réfléchir à la transmission des savoirs féministes et pédagogiques, en relation avec les mouvements féministes, c’est-à-dire dans une perspective globale qui s’intègre au milieu académique, sans s’y réduire ;
  • Développer des outils qui permettent d’améliorer ses pratiques d’enseignement, grâce à l’échange et la création de matériels pédagogiques et à l’auto-formation ;
  • Créer un réseau de travail afin d’établir des solidarités pratiques et des dynamiques qui génèrent un renforcent individuel et collectif.
  • À long terme, créer un rendez-vous national des personnes qui transmettent des savoirs féministes, sur le genre, les rapports sociaux de sexe et la sexualité. Nous ambitionnons d’organiser cet événement tous les ans dans des villes différentes. Nous y associerons également des femmes et groupes d’autres pays francophones.

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INVITATION :

Ces journées s’adressent à toutes celles et ceux qui d’une manière ou d’une autre, enseignent, rêvent d’enseigner ou, tout simplement, se sentent concerné-e-s par le « genre », le féminisme et les rapports sociaux de sexe.

Si…

  • vous vous êtes toujours demandé·e où est la relève que vous attendez avec impatience depuis tant d’années, pour lui transmettre votre expérience durement acquise, mais ô combien passionnante !
  • vous vous êtes déjà retrouvé·e balancé·e, sans crier gare et sans aucune formation particulière, devant un amphi agité, essayant d’expliquer l’histoire de la notion de genre, alors que visiblement les étudiant·e·s n’ont pas compris qu’il s’agissait d’un thème non seulement légitime, d’un savoir incontournable et, qui plus est, très à la mode.
  • vous avez toujours voulu rencontrer les grandes professeures et théoriciennes qui ont accompagné votre formation, pour débattre avec elles de théorie et de pratiques pédagogiques.
  • quel que soit votre rattachement disciplinaire et votre statut, vous avez envie d’échanger, de manière horizontale, avec d’autres personnes qui, comme vous, tentent d’introduire des théories et des pratiques féministes dans le savoir universitaire

… que vous ayez plusieurs années d’expérience ou que vous commenciez à peine, ATER, Professeur-e-s, MCF, PRAG, Assistant·e (y compris hors de l’université et en lien avec le monde associatif et politique) ces journées s’adressent à vous.

Il s’agit d’ouvrir une brèche dans l’isolement qui est le lot de beaucoup d’entre nous et de partager nos savoirs pédagogiques et théoriques, pour renforcer et légitimer, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’université, un pôle genre / féministe / sur les rapports sociaux de sexe et les sexualités, qui soit un lieu de rencontres et de solidarité autant que d’échange intellectuel.

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PROGRAMME :

Vendredi 27 mai

9h-9h30 : Accueil, inscription et café

10h : Plénière d’ouverture

  • EFiGiES et CEDREF : Hommage aux pionnières et état des lieux des savoirs féministes.
  • Claude Zaidman : Professeure de Sociologie à Paris 7 – Denis Diderot, Responsable du CEDREF : « Peut-on enseigner le féminisme ? »
  • Diane Lamoureux : Université de Laval, Québec : Analyse de la situation au Québec (titre à préciser ultérieurement)
  • Muriel Andriocci : Doctorante en Sociologie, Equipe Simone-SAGESSE, Université de Toulouse le Mirail : « Présentation des résultats de l’enquête sur les enseignements féministes en France réalisée par l’ANEF »
  • Christine Bard : Professeure d’Histoire contemporaine, Université d’Angers / IUF : « Une histoire féministe est-elle possible ? La transmission universitaire, entre libertés et contraintes »
  • Isabelle Lamy : Chargée de mission Musea Education, Angers : « MUSEA : une ressource multimédia pour transmettre les études sur le genre »

12h30 : Pause déjeuner

14h : Atelier « Ficelles, astuces pédagogiques et difficultés »
Échange en petits groupes sur nos pratiques pédagogiques concrètes dans les salles de cours et en dehors, de manière à partager nos réflexions, nos difficultés, nos interrogations et nos « recettes miracles ».
Méthodologie inspirée de l’éducation populaire participative féministe : le débat s’organisera à partir d’un de nos problèmes récurrents et un de nos « points forts ».

18h : Cocktail

Samedi 28 mai

9h : Atelier « Échange de cours »
De quoi parlons-nous quand nous parlons d’enseigner à propos des femmes, du féminisme, des rapports sociaux de sexe, du genre ? Comment aborder la dimension RSS dans nos disciplines respectives ?
Débats par groupe en fonction du contenu de nos enseignements, selon la discipline, le niveau, s’il s’agit d’enseignements spécifiques ou « contenant » le genre.
Nous nous interrogerons sur la possibilité de faire émerger de cet atelier un matériel pédagogique (polycopiés ? manuels ?) ainsi qu’un groupe de travail.

12h30 : Pause déjeuner

14h : Plénière de clôture

  • Patricia Roux : Professeure à l’Université de Lausanne, Membre du réseau LIEGE : « Être à la fois dedans et dehors : le pari des études féministes que soutient le réseau LIEGE en Suisse »
  • Florence Degavre : Chercheuse à la faculté Ouverte de Politique Economique et Sociale (UCL), Bruxelles, Responsable du comité scientifique de l’Université des Femmes : « Présentation de l’Université des Femmes de Bruxelles »
  • Rebecca Rogers : MCF en Sciences historiques, Université Marc Bloch, Strasbourg : « Construire des réseaux genre transfrontaliers : expériences et perspectives »
  • Mireille Baurens (sous réserve) : MCF d’anglais à l’IUFM de Lyon : « Pédagogie et transmission »
  • Compte-rendu des ateliers et propositions pour l’avenir

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PUBLICATION :

Les journées d’étude « Transmission : Savoirs Féministes et Pratiques Pédagogiques » ont fait l’objet en février 2006 d’une publication dans le n°13 des Cahiers du CEDREF.

Sommaire

Introduction
Parce qu’on ne naît pas prof… on le devient
Claude Zaidman : Peut-on enseigner le féminisme à l’Université ?
Diane Lamoureux : Les Études féministes au Québec : les limites de la transmission institutionnelle
Christine Bard : Une histoire féministe est-elle possible ? La transmission universitaire, entre libertés et contraintes
Florence Degavre et Sophie Stoffel : Transmission et renouveau. L’Université des Femmes à Bruxelles
Patricia Roux et Gaël Pannatier : Institutionnalisation des Études féministes en Suisse. Le défi de l’intégration et du maintien d’une dimension critique
Rebecca Rogers : Construire un réseau genre transfrontalier : expériences et perspectives
Mireille Baurens : L’expérience des IUFM

Pour toute commande ou question, vous pouvez vous adresser au secrétariat du CEDREF : Françoise Gourdal : fg[at]paris7.jussieu.fr

En ligne sur Revue.org : http://cedref.revues.org/329