Face à l’impunité israélienne : pour un féminisme décolonial

Il n’est pas dans les habitudes de l’association d’EFiGiES de communiquer et de prendre position sur des sujets autres que l’institutionnalisation des études genre en France. De même la liste de diffusion de l’association, qui ne fait pas l’objet de modération a priori, se veut un espace d’information ouvert à toutes les tendances féministes avec les débats et les polémiques que cela implique parfois.

Pour autant, la situation actuelle en Palestine et le silence de la plupart des mouvements féministes sur le conflit israélo-palestinien nous oblige à réagir à travers l’appel « Face à l’impunité d’Israël : pour un féminisme décolonial ». Ce positionnement pour un féminisme décolonial dépasse en réalité le conflit israélo-palestinien : fruit de nos discussions et de nos réflexions de ces derniers mois au sein du bureau d’EFiGiES, il reflète nos inquiétudes vis-à-vis de la montée du racisme (sous toutes ses formes) en France, qui ne nous semble pas épargner les milieux féministes. 

Dans cette perspective, et à l’occasion du premier congrès des études genres en France qui se tiendra à  Lyon du 3 au 5 septembre, nous invitons les étudiant.e.s, jeunes chercheur.e.s et militant.e.s féministes présent.e.s à venir débattre, discuter et réfléchir avec nous : de la place et du rôle que peuvent jouer les études genre et le féminisme « universitaire », de la diffusion des recherches féministes post-coloniales et de la prise en compte de l’intersectionnalité dans nos travaux de recherche, du racisme et des rapports sociaux de domination dans le monde de la recherche et dans les milieux féministes.

FACE À L’IMPUNITÉ ISRAÉLIENNE : POUR UN FÉMINISME DÉCOLONIAL

Par le présent appel, l’association EFIGIES (association de jeunes chercheur-e-s en Études Féministes, Genre et Sexualités) fait acte de sa solidarité avec les Gazaoui-e-s  assiégé-e-s, assassiné-e-s, et plus généralement avec les Palestiniennes et les Palestiniens dont l’assujettissement colonial perdure.

À l’heure actuelle, l’islamophobie, le racisme, les représentations coloniales persistantes dévaluent les vies palestiniennes, criminalisent et déshumanisent les manifestant-e-s  pro-palestiniennes. Étant donné notre engagement dans le champ académique en France, nous ne pouvons rester indifférent-e-s à l’implication de certains discours universitaires et féministes dans la production de l’islamophobie et du racisme, ou du moins leur désengagement au regard des réflexions postcoloniales.

Ces représentations coloniales, qui imprègnent le soutien inconditionnel de la France à la politique de l’État israélien, doivent urgemment être déconstruites dans le cadre d’une épistémologie rigoureuse et non ethnocentrique, incluant les outils des études postcoloniales, notamment dans leur intrication aux formations genrées et aux catégories sexuelles.

Le Pinkwashing et l’homonationalisme d’Israël commencent à être internationalement déconstruits et dénoncés. Mais en France, les féminismes hégémoniques, de par certains de leurs positionnements notamment face au port du voile et à la religion musulmane, entretiennent l’islamophobie et participent à la minimisation des crimes commis envers les Palestinien-ne-s.

Alors que l’Université de Tel Aviv accorde aux étudiants qui servent dans l’attaque contre Gaza la gratuité des inscriptions pour un an, et qu’un avis diffusé à l’Université Hébraïque de Jérusalem annonce une collecte de produits pour les soldats au front, nous invitons les étudiant.e.s et chercheur.e.s en genre, féminisme et sexualité à participer personnellement au boycott académique d’Israël et à signer la pétition contre l’interdiction du soutien à la Palestine de l’association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) :

http://www.aurdip.fr/Petition-contre-l-interdiction-du.html

Le site de l’AURDIP ayant été hacké, vous pouvez signer la pétition en suivant le lien suivant :

https://docs.google.com/forms/d/1Ia4AqhuB-pZYt_mN-i5JWFBrz9dgzFz3UE5UnVlMz14/viewform

Le colonialisme ne crée pas seulement de tels produits « symboliques », qui en retour l’étayent. Ses enjeux sont géopolitiques et économiques, et parce que nous ne distinguons pas notre engagement dans la recherche et nos positionnements pratiques, nous relayons également et vous invitons à diffuser l’appel de la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions, réponse citoyenne et non-violente à l’impunité d’Israël :

http://www.bdsfrance.org/

Pour signer l’appel pour un féminisme décolonial : https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?fromEmail=true&formkey=dE43S01RdmtKWXpIdXc5UXlzTkJMT3c6MA

En solidarité,

Le bureau d’EFIGIES

 

Premier.e.s signataires : Mira Younes, Guillaume Roucoux, Lola Gonzalez, Adeline Adam, Gael Potin, Karim Hammou, Grino, Alice Gaud, Lorenzi, Corinne Luxembourg, Jennifer Firmin, Laura Cottard, Johanna Renard, Clémentine Gaide, Elise Vinet, Virginie Dutoya, Sarah Mantah, Lydie Porée, Lucie Direnberger, Lucile Quéré, Lucie Gil, Hanna Secher, Laure Bourdier, Vincenza Perili, Jean-Christophe Petit, Marie Espinola, Geneviève Roy, Elsa Tyszler, Anyssa Karafi, Annabelle Colas, Delori, Natacha Boffy, Malika Amaouche, Lara Cox, Marwa Belghazi, Saya, Florys Castan-Vicente, Marina Pointeau, Stéphanie Khoury, Lucie, Blanchon, Rollinde Marguerite, Kanouni, Gourdeau, Violaine Mula, ARDLFM.

 

Journée d’études “Genre et médias : quels espaces de subversion ?”, mercredi 11 juin 10h-18h au Labo 13

Genre et médias : quels espaces de subversion ?

Journée d’études

image je genre medias subversion bonne version

Mercredi 11 juin 2014

Labo 13

15, rue Jean Antoine de Baïf 75013 PARIS

Les médias ont souvent été appréhendés comme un laboratoire du genre, source et vecteur d’une conception normative et hiérarchisée des représentations qui lui sont associées. S’ils reproduisent les normes dominantes, des éléments transgressifs, voire subversifs, émergent parfois au sein de ces espaces, déstabilisant les assignations sexuées et les oppositions binaires. L’objectif de cette journée d’études est de mettre en lumière ces possibilités, en articulation avec les différents moments du temps médiatique (discours, production, réception).

Les médias, dans leur acception la plus large – presse, audiovisuel, NTIC, littérature, musique, spectacles vivants, cinéma etc. – peuvent-ils jouer un rôle dans la transgression voire la subversion des normes et des rapports de genre ? Peut-on, par les médias, y contrevenir ou les déstabiliser ? Quels sont les dispositifs employés à cet effet ? La subversion peut-elle venir d’une réappropriation des contenus médiatiques par les publics ? Les médias peuvent-ils être un outil au service de contre-publics féministes et queer ?

10h Accueil des participant.e.s 

10h20 Introduction de la journée

10h35 Session 1 – Féminités en mouvement

Lucie Roussel – Université de Caen

Les normes de genre dans la presse féminine de la monarchie de Juillet : entre adhésion et transgression

Delphine Chedaleux – Université Bordeaux Montaigne

« Miss Cinémonde » ou les ambivalences d’un concours de beauté dans la France d’après-guerre

Hasna Hussein – Université de Mundiapolis, Casablanca

Télévision et transformation des imaginaires et des rôles de genre dans les sociétés arabes : programmation et réception des chaînes satellitaires en Egypte, au Liban, en Tunisie, au Qatar et dans les Emirats Arabes Unis

12h15 Déjeuner sur place

13h45 Session 2 – Représentations, hybridations

Valerio Coladonato – Université La Sapienza, Rome 

Gael Garcia Bernal et les mutations de la masculinité mexicaine face au public mondial

Mathieu Arbogast – EHESS / Université de Nanterre

Des femmes canon. Quand les policières remettent en cause les identités de genre traditionnelles

Marie-Pierre Huillet – Université Toulouse 2 Le Mirail

Un nouveau « genre » dans le cinéma de Quentin Tarantino : la guerrière en jupe

15h15 Pause

15h45 Session 3 – Espaces subversifs : créations et détournements

Marcelo C. Rodrigues – Université Paris 5 Descartes 

Le Lampião da Esquina (1978-1981) et l’apparition du mouvement gay brésilien

Thierry Maire – Université Centraméricaine J. S. Canas, San Salvador

ElsalvadorG.com : une brève histoire d’un site pour la communauté LGBTTI du Salvador ou comment prendre la parole pour constituer une communauté homosexuelle

Zoé Adam – Université Lille 3

De Hannah Höch à Barbieturix : réappropriation du médium, subversion des médias

17h15 Conclusion de la journée

A partir de 18h pot convivial

 

Comité d’organisation

Mélanie Lallet – Université Sorbonne Nouvelle

Isabelle Matamoros – Universités Paris Descartes et Lyon 2

Doriane Montmasson – Université Paris Descartes

Marie-Sherley Valzema – Université Sorbonne Nouvelle

 

Informations pratiques

Entrée libre

Labo 13

15, rue Jean Antoine de Baïf

75013 PARIS

Métro 14 / RER C Bibliothèque François Mitterrand

Bus 62-64-89-132-325-PC2

 

Contact : genreetmedias.efigies@gmail.com

Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances

Journée d’études EFiGiES

Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances

Vendredi 6 décembre 2013 — CNRS (site Pouchet) Paris

organisée par Adeline Adam, Karine Duplan, Lola Gonzalez-Quijano, Guillaume Roucoux, Sherley Valzema

Avec le soutien du GIS Genre, du Cerilac, de l’ANEF, de l’URSHS de Gustave Roussy, de l’observatoire de l’égalité femmes/hommes de la Mairie de Paris, du Pôle Egalité Femmes Hommes (PEFH) de l’Université Paris 7

 

Les institutions mondiales, européennes et françaises de santé construisent leurs politiques publiques autour d’une vision positive et idéalisée de la santé comme « un état de bien-être physique, mental et social et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité1 ». Cette définition amène à s’interroger sur les questions de sexualités, de précarités, d’inégalités, de discriminations et de violences au prisme du genre. Pourtant, les discours et les injonctions à une « bonne santé » et à une « bonne sexualité », qui seraient gages d’épanouissement et de bien-être, tout comme les dispositifs et les pratiques censées les favoriser, sont sous-tendus par des normes de genre qui peuvent aller à l’encontre de ces objectifs. Cette journée d’étude propose ainsi d’interroger ce paradoxe et sera consacrée aux articulations entre genre, santé et sexualités.

Appel à communication au format pdf, disponible ici

PROGRAMME

Disponible au format pdf ici

9h45-12h : Soignez cette anormalité dont je ne saurais souffrir

  • Kira Ribeiro, «La santé (sexuelle) en procès: le genre dans la criminalisation

    du VIH»

  • Romain Amaro, « Diluer la santé mentale et sexuelle des gays dans les rites d’injection de drogue de synthèses »

  • Pierre Brasseur, « Assister la sexualité de la personne en situation de handicap : retour autour d’une controverse »

  • Michal Raz, « Sexisme et hétéronormativité dans la prise en charge médicale des intersexuéEs »

Pause déjeuner offerte

14h-15h45 : Contrôle et droits reproductifs

  • Anaïs Garcia, « Planification familiale et contrôle de la reproduction des femmes indigènes guatémaltèques »

  • Yira Lazala, « Tensions politiques des discours de la presse espagnole sur les droits sexuels et reproductifs des femmes latino-américaines (2002-2012) »

  • Mona Claro, « Les femmes entre injonction à la maternité et « culture de l’avortement » en Russie soviétique (1955-1991) »

16h15-18h : Prescriptions, résistances et réappropriations

  • Florys Castan, « Les activités physiques et sportives féminines (milieu du XIXe s -1945): proscriptions, prescriptions et résistances »

  • Stéphanie Pache, « Le mouvement des psychologues féministes américaines : nouvelle injonction à la santé ou forme de résistance? »

  • Cinzia Greco, « Résistances et appropriations : le corps mastectomisé »

18h : Conclusion de la journée

à partir de 19h30 : soirée festive à La Mutinerie (entrée libre et restauration sur place)
 
Résumé des communications

Kira Ribeiro – Paris 8 LabTop CEFEG GRAL : La santé (sexuelle) en procès : Le genre dans la criminalisation du VIH

Kira Ribeiro montre comment la politisation du VIH/sida – inspirée de celle de la syphilis – s’est effectuée en deux temps en France, dans deux perspectives différentes.  Au début des années 1990, alors que la trithérapie n’existe pas encore, les politiques s’expriment en faveur d’un enrayement de l’épidémie couplé à une défense nationale par la responsabilisation des porteurs du virus. L’opposition et les associations de lutte contre le sida ne l’acceptent pas. Elles y voient une stigmatisation des personnes séropositives et lui préfèrent une politique préventive. Puis, en 2004, sous l’impulsion de l’association Femmes Positives, la controverse reprend sous des termes différents. D’après ces dernières, la transmission du VIH est une violence faite aux femmes, ce qui sous-entend d’une part que les transmissions sont des actes volontaires de nuisance interindividuelle, et d’autre part qu’elles ne concernent que des couples hétérosexuels au sein desquels les hommes sont coupables et les femmes victimes. Au terme d’une comparaison entre ces deux périodes, Kira Ribeiro montre que la criminalisation de la transmission du VIH aggrave la vulnérabilité des femmes séropositives, plus qu’elle ne les protège, du fait qu’elle repose sur une représentation patriarcale des femmes comme passives, fragiles et dénuées de toute capacité d’agir.

Michal Raz – CERMES3 : Sexisme et hétéronormativité dans la prise en charge médicale des intersexuéEs

Michal Raz présente de manière extensive son analyse d’études scientifiques sur le suivi de personnes diagnostiquées avec une Hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) en France, règlementé par des normes de genre et d’hétérosexualité reproductive. En raison de critères difficiles à remplir, les enfants intersexués sont plus souvent assignés filles, et soumis à un dispositif médical pour s’assurer de leur devenir femme et mère. Bien que certaines désirent avoir des enfants, d’autres n’ont pas de relations sexuelles, les vivent dans l’inconfort en raison d’opérations mutilantes ou méconduites, développent des préférences sexuelles envers d’autres femmes voire s’identifient à un autre genre. En ce qui concerne les hommes, leur sexualité s’évalue au regard de leurs rapports sexuels pénétratifs vaginaux. Or leurs résultats (une non-pratique) n’aboutissent pas non plus à ceux espérés par les médecins. Au regard de premiers résultats, des études plus récentes comme celle de Frédérique Gastaud en France accorde plus de place à d’autres activités sexuelles, et montre une corrélation entre l’absence de rapports et le nombre d’opérations subies. Cependant et malgré ces études, les objectifs des chirurgiens restent peu clairs entre esthétique et effectivité. L’idée d’un échec médical se profile d’autant plus que le « risque trans’ » perçu par ces derniers se concrétise pour une « minorité » de personnes intersexuées. Au final, intersexuation, homosexualité et transsexualité se retrouvent ensemble pathologisées au regard du taux d’hormones administrées ou produites. Ces expérimentations médicales visant la normalité, mais qui rendent d’autant plus difficile la sexualité, interrogent quant à leurs effets sur la santé des individu-e-s concerné-e-s ou la négligence  qu’elles pourraient éventuellement générer.

Cinzia Greco – EHESS/CERMES3 : Résistance et réappropriation : le corps mastéctomisé

La mastéctomie est une procédure chirurgicale qui concerne actuellement 30% des patientes atteintes d’un cancer du sein. Cette procédure qui aboutit à un corps asymétrique à un sein, ou à un corps sans seins, est couramment présentée comme une violation de l’intégrité du corps de la patiente. La réponse à cet état de fait est l’encouragement par le corps médical à la reconstruction de la poitrine. Cette reconstruction n’est pas motivée par des raisons cliniques et le choix revient donc théoriquement à la patiente. Cependant, le corps asymétrique ou sans seins est pathologisé à travers le discours et les pratiques médicales, et les normes de genre liées à l’assignation à un sexe, à une injonction à la désidérabilité et à l’hétérosexualité reproductive pèsent sur ces patientes. Alpha et Beta, sont des associations situées en Ile-de-France qui soutiennent les femmes ayant subi une mastectomie ; elles se concentrent sur la possibilité de ne pas recourir à une reconstruction. Alpha veut donner de la visibilité à ces corps différents par l’intermédiaire de l’art, grâce des expositions sur le thème de l’asymétrie. Elle n’a presque aucun lien avec la sphère médicale car le corps médical perçoit ses activités comme une tentative de stopper le progrès médical, progrès qui semblent donc fortement lié à un retour dans la norme. Beta s’occupe des patientes au niveau individuel en insistant sur le droit d’être à l’aise dans un corps asymétrique. Les entretiens montrent que la profession médicale présente la reconstruction de la poitrine comme le moyen d’avoir une vie normale à nouveau. Cependant, les changements corporels lors du traitement sont nombreux et la reconstruction ne passe pas simplement, voire pas du tout, par le fait de retrouver une poitrine symétrique et conforme aux canons de beauté. Ces normes, relayées et reconduites par une partie du corps médical, invisibilisent le processus de reconstruction, qui est plus général et qui aboutit à des changements radicaux dans l’attitude face à la vie.

Anaïs GarciaToulouse 2 Le Mirail LISST-CAS : Planification familiale et contrôle de la reproduction des femmes indigènes guatémaltèques

Au sein des politiques de santé publique, Anaïs Garcia propose de s’interroger sur la place des femmes indigène au Guatemala. La stérilisation est alors un outil de contrôle du corps re-producteur visant à endiguer une population pauvre et indigène croissante, susceptible de déstabiliser la société guatémaltèque. La protection du territoire nationale nécessite la mise en œuvre d’une planification familiale afin de contrôler les naissances. D’une part, au sein de ces dispositifs, les individus sont dénués de toute forme d’agentivité, d’autre part, le corps des femmes devient un lieu pour instituer ces nouvelles normes procréatives, tandis que les vasectomies, sont, quant à elles, très peu prescrites. Ces nouvelles normes procréatives non seulement impactent les corps mais laissent également des traces, parfois indélébiles. En effet, les stérilisations féminines sont lourdes et risquées. « Cette appropriation autoritaire et collective du corps des femmes indigènes fait écho au cas des violences sexuelles du conflit armé ».

Mona Claro – EHESSLes femmes entre injonction à la maternité et « culture de l’avortement » en Russie soviétique (1955-1991)

Mona Claro s’intéresse aux différentes évolutions de la législation en matière d’avortement en Russie soviétique et sur le rapport des femmes à ces différentes législations. En adoptant une perspective féministe critique, Mona Claro montre comment la question de l’avortement ne peut se réduire à une avancée émancipatoire telle que les discours féministes occidentaux l’ont défendue. Elle déconstruit ainsi de façon critique la façon dont les sciences sociales ont massivement décrit une supposée banalisation de l’avortement en Russie soviétique, ou du moins un recours massif à l’avortement, comme une culture de l’avortement, opposée à une culture « civilisée » de la contraception. En combinant travail d’archives et recueils biographiques, Mona Claro cherche à rendre le vécu des sujets concernés. Elle s’inscrit dans une perspective qui montre à voir l’agentivité à l’œuvre de ces sujets femmes et prône un nécessaire décentrement d’un point de vue occidentalo-centré qu’il s’agit d’adopter lorsque l’on aborde ces questions.

la pétition LES ÉTUDES DE GENRE, LA RECHERCHE ET L’ÉDUCATION : LA BONNE RENCONTRE est en ligne.

 

http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2014N45876

 

n’hésitez pas à faire circuler. La pétition est ouverte à toutes et à tous.

Il importe que vous apposiez votre signature sur ce site de la pétition publique même si vous êtes déjà inscrit dans les comités, afin que vous soyez pris en considération dans le décompte. 

Nous avons créé un site (attention, l’adresse indiquée sur pétitionpublique est pour l’instant incorrecte – nous allons la modifier bientôt).

La bonne adresse est : http://genrerechercheeducationrencontre.unblog.fr/

Nous pouvons d’ores et déjà  y actualiser listes, comités, tribunes et ajouter des liens médias.

merci à vous toutes et tous, 

le combat continue

L’équipe active (voir contacts par université sur site ci-dessus)

 

Le texte et les comités

Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre

Des enseignantes et des enseignants de la maternelle à l’Université,

des chercheuses et des chercheurs, des étudiantes et des étudiants réagissent et appellent au soutien de toutes et tous.

 Cette pétition est ouverte à toutes et à tous.

 

Depuis quelques jours, les élèves et les parents d’élèves sont harcelés de mails et de SMS provenant d’associations extrémistes qui propagent la rumeur selon laquelle, parce que « le genre » est introduit dans les programmes scolaires, leurs enfants seraient en danger à l’école. Non seulement cette manœuvre de déstabilisation des parents est révoltante (les enfants ont été privés d’école), mais, de plus, cette rumeur est totalement mensongère. Depuis plusieurs jours également, les propos les plus extrémistes circulent, dans les rues ou sur les réseaux sociaux, réveillant les haines envers les homosexuels, les juifs, les féministes, les professeurs des écoles appliquant l’ABCD de l’égalité, les chercheurs en études sur le genre, tous présentés comme des ennemis de la société.

Face à ces propos dangereux, face aux risques de dérives extrémistes, nous, enseignant-e-s, étudiant-e-s, chercheur-e-s, souhaitons prendre la parole, rappeler la réalité des pratiques éducatives et scientifiques d’aujourd’hui, et appeler au soutien de nos concitoyens et concitoyennes, de toutes les régions de France, de toutes les origines, de toutes les cultures.

  • NON, les enfants ne sont pas en danger. Non, il n’y aura pas de projection de films « sexuels » à l’école, et les garçons ne seront pas transformés en filles (ni inversement).
  • NON, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas, mais, oui, les études de genre existent. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives. On n’est pas homme ou femme de la même manière au Moyen-Âge et aujourd’hui. On n’est pas homme ou femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie. On n’est pas homme ou femme de la même manière selon qu’on est cadre ou ouvrier. Le genre est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences.
  • OUI, les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les stéréotypes de sexe, car l’école, le collège, le lycée sont les lieux où les enseignants promeuvent l’égalité et la tolérance, où les enfants apprennent le respect des différences (culturelles, sexuelles, religieuses). « Vati liest die Zeitung im Wohnzimmer. Mutti ist in der Küche. » (Papa lit le journal au salon. Maman est à la cuisine). Voilà comment des élèves de collège apprenaient l’allemand, à travers les aventures de Rolf et Gisela, dans les années 1980. Réfléchir sur le genre, c’est réfléchir sur les effets de ce type de messages.
  • OUI, l’école est le lieu où l’on permet à chacun, par les cours de français, d’histoire, de SVT, d’éducation civique, d’éducation physique, de réfléchir sur les conséquences néfastes des idées reçues et d’interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés au cri de « pédés » dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde. Oui, l’école est le lieu où l’on permet aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes.

Les études de genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et le CNRS, et elles ont des utilités nombreuses dans l’éducation et la lutte contre les discriminations : ces études et ces travaux existent à l’université depuis longtemps. Nombreuses sont les académies à organiser des journées de formation sur ces thèmes ; nombreuses sont les universités à offrir des cours intégrant le genre : en sociologie, en sciences de l’éducation, en anthropologie, en biologie, en sciences économiques, en philosophie, en histoire, en littérature, etc. Des séances de sensibilisation aux questions d’égalité entre les sexes font partie du parcours de formation des enseignants du primaire et du secondaire.

En permettant aux élèves de constater la diversité des familles actuelles, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles offrent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, la liberté de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.

En signant la pétition en ligne, merci d’indiquer, pour toutes et tous, votre profession et votre région (et si vous êtes étudiants, enseignants et/ou chercheurs, votre statut, votre discipline et votre université).

De plus, si vous souhaitez rester en contact avec la communauté rassemblée autour de cet appel, merci de signer en indiquant que vous souhaitez que votre adresse mail soit visible pour l’organisateur de la pétition.

 

La liste ci-dessous intègre les comités selon leur ordre d’arrivée, ceux-ci sont en cours d’évolution. Pour connaître l’ensemble des contacts, les premiers signataires, les associations, les universités impliquées et les comités locaux qui se sont constitués : cliquer ici.

Premiers signataires de l’Université de Strasbourg

Sandra Boehringer, maîtresse de conférences, Faculté des Sciences historiques (contact : s.boehringer@unistra.fr)

Estelle Ferrarese, professeure, Faculté des Sciences Sociales

Jean-Pascal Gay, maître de conférences, Faculté des Sciences historiques

Sylvie Monchatre, maître de conférences, Faculté des Sciences sociales

Philippe CLERMONT, maître de conférences, École Supérieure du Professorat et de l’Éducation

Céline Petrovic, chargée d’enseignement, Faculté des Sciences de l’Éducation

 

Premiers signataires de l’Université de Paris 7 Denis Diderot

Laurie LAUFER, professeure, UFR Études psychanalytiques (contact : laurie.laufer@univ-paris-diderot.fr)

Gabrielle HOUBRE, maîtresse de conférences, UFR Géographie, Histoire, Sciences de la Société

Alain WARGNIER, médecin des Hôpitaux, maître de conférences

Fethi BENSLAMA, Professeur, UFR Études psychanalytiques, Directeur de l’Institut des Humanités

Florence DUPONT, Professeur émérite, UFR Lettres Arts Cinéma, Institut des humanités

Anne KUPIEC, professeur de sociologie, UFR de Sciences sociales, Laboratoire de changement social et politique

 

Comité de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Violaine SEBILLOTTE, professeure, histoire (contact : violaine.sebillotte@univ-paris1.fr)

Armelle ANDRO, maîtresse de conférences, démographie

Marianne BLIDON, maître de conférences géographie

Marie BUSCATTO, professeure, sociologie

Delphine DULONG, maîtresse de conférences, sciences politiques

Anne HUGON, maîtresse de conférences, histoire

 

Premiers signataires de Lyon

Cécile Ottogalli, maîtresse de conférences en Staps, Lyon1 (contact : cecile.ottogalli@univ-lyon1.fr)

Muriel Salle, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, École Supérieure du Professorat et de l’Éducation, Lyon1 (contact : muriel.salle@univ-lyon1.fr)

Philippe Liotard, maître de conférences en Staps, Chargé de la mission égalité de Lyon1 (contact : philippe.liotard@univ-lyon1.fr)

Pascale Barthélémy, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, ENS Lyon (contact : pascale.barthelemy@ens-lyon.fr)

Marianne Thivend, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Lyon2 (contact : mthivend@mail.univ-lyon2.fr)

Eliane Viennot, professeure d’Université en littérature, Jean Monnet, Université de Saint Etienne (contact : eliane.viennot@gmail.com)

 

Comité et contact de l’Université Paris 5 Descartes

Vincent Estellon, maître de conférences, Institut de Psychologie (contact : vincent.estellon@parisdescartes.fr).

Françoise Neau, professeure de psychopathologie clinique, Institut de Psychologie.

 

Premier-ère-s signataires l’Université de Nice Sophia Antipolis

Karine LAMBERT, maîtresse de conférences en histoire, Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) (contact : klambert@unice.fr)

Jean-Luc GAUTERO, maître de conférences, Philosophie et Histoire des Sciences

Lucie BARGEL, maîtresse de conférence en science politique

Eric CHAUDRON, professeur agrégé histoire,  ESPE

Nicole BIAGOLI, professeure des universités en Lettres, ESPE

Sandra PLANTIER, professeure agrégée géographie, ESPE

 

Premiers signataires de l’Université de Picardie Jules Verne

Sylvie PERCEAU, maîtresse de conférences, UFR des Lettres (contact : sylvie.perceau@u-picardie.fr)

Coralie BOURNONVILLE, ATER, UFR des lettres

Catherine GRALL, maître de conférences, UFR des Lettres

Aurélie ADLER, maître de conférences, UFR des Lettres

Anne DUPRAT, professeure de Littérature Comparée

Carlo Umberto ARCURI, maître de conférences, UFR des Lettres

 

Premiers signataires de l’Université d’Angers

Nahema HANAFI, maîtresse de conférences, histoire moderne et contemporaine (contact : nahema.hanafi@univ-angers.fr)

Christine BARD, professeure, histoire contemporaine

Frédérique LE NAN, maîtresse de conférences, littérature médiévale

Emmanuel GRATTON, maître de conférences, psychosociologie

 

Premiers signataires de l’Université de Paris 8

Hélène Marquié maîtresse de conférences, Centre Études féminines, Études de genre, Art (contact : h.marquie@free.fr)

Anne E. Berger, professeure, littérature et études de genre, Paris 8, directrice de l’Institut du Genre (CNRS)

Mercedes Yusta Rodrigo, professeure d’Histoire de l’Espagne Contemporaine, UFR de Langues

Danièle Rosenfeld-Katz, maîtresse de conférences, chargée de mission égalité femmes-hommes et parité

Nacira Guénif, sociologue, anthropologue, professeure, Sciences de l’éducation

Béatrice Fracchiolla, maîtresse de conférences, Sciences du langage

 

Premiers signataires de l’Université Toulouse 2 – Le Mirail

Odile SAINT-RAYMOND, coordinatrice d’ARPEGE (réseau de recherches sur le genre)(arpege@univ-tlse2.fr)

Monique MEMBRADO, ingénieure CNRS, sociologue

Jacqueline MARTIN, maîtresse de conférences en Économie sociale 

Isabelle LACOUE-LABARTHE, maîtresse de conférence, histoire, sciences po

Sylvie CHAPERON, professeure d’histoire contemporaine 

Jérôme COURDURIES, docteur en anthropologie, maître de conférences

 

Comité de l’Université de Lille 3

Florence Tamagne, maîtresse de conférences, histoire contemporaine (contact : ftamagne@noos.fr)

Sylvie Aprile, professeur d’histoire contemporaine

Marie-Hélène Bourcier, maîtresse de conférences, CECILLE

Mélanie Traversier, maîtresse de conférences en histoire moderne

Claire Châtelain, chargée de recherche, CNRS/IRHIS

Antoine Rodriguez, maître de conférences, Amérique latine

 

Premiers signataires de l’Université de Paris 13

Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale (contact : pascalemolinier@gmail.com)

Yoram Mouchenik, professeur de psychologie interculturelle

Aline Cohen de Lara, professeure de psychologie clinique

 

Premiers signataires de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Emmanuel WALLON, professeur de sociologie politique (contact: Genrepl@listes.u-paris10.fr)

Carina BASUALDO, maîtresse de conférences en Psychopathologie

Silvia CONTARINI, professeur de littérature et civilisation de l’Italie contemporaine

Olivier RENAUT, maître de conférences en philosophie ancienne

LOUYS Gilles, maître de conférences en langue et littérature française, Département de français pour étudiants étrangers

 

Comité de l’Université de Savoie

Fabienne Gillonnier, enseignante, Département STAPS (contact : fabienne.gillonnier@univ-savoie.fr)

Clémentine Bry, enseignante-chercheuse, Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie, Département STAPS

Phanélie Berthon, enseignante-chercheure, Laboratoire de Physiologie de l’exercice, Département STAPS

Sophie Bourgade, enseignante d’Anglais

Geneviève Pignarre, professeure de droit privé

 

Comité de l’Université de Poitiers

Michel Briand, professeur de langue et littérature grecques (contact : briand.mich@wanadoo.fr)

Lydie Bodiou, maître de conférences d’histoire grecque

Frédéric Chauvaud, professeur d’histoire contemporaine

Florence Filippi, maître de conférences en études théâtrales

Stéphane Bikialo, maître de conférences en langue et littérature française XXe siècle

Anne-Cécile Guilbard, maître de conférences en littérature française et esthétique de l’image

Alexandre Jaunait, maître de conférences, science politique

 

Comité de l’Université d’Aix-Marseille

Nolwenn LECUYER, maîtresse de Conférences, archéologie, Chargée de Mission Égalité femmes-hommes (contact : nolwenn.lecuyer@univ-amu.fr)

Damien BOQUET, maître de conférences en histoire du Moyen Âge

Julien DUBOULOZ, maître de conférences en histoire romaine

Anne CAROL, professeure en histoire contemporaine

Laurence Hérault, maîtresse de conférences, anthropologie

Jean-Jacques RASSIAL, Professeur, psychopathologie clinique

 

Contact de l’Université de Clermont-Ferrand 2

Anne-Sophie SAYEUX, maîtresse de conférences en anthropologie (contact : sayeux.annesophie@gmail.com)

 

Université de Montpellier 3

Rajaa STITOU, maîtresse de conférences en psychopathologie clinique (contact : rajaa.stitou@univ-montp3.fr)

Solange CARTON, professeure de psychopathologie clinique

Jean-Luc BERNABE, maître de conférences associé en psychologie clinique

Aude MICHEL, professeure de psychologie clinique et psychopathologie

Isabelle BOULZE, maîtresse de conférences en psychopathologie clinique

 

Comité de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)

Sébastien Roux, Chercheur au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité (contact : sebastien.roux@cse.cnrs.fr)

Laure Bereni, Chercheuse au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité

Rose-Marie Lagrave, Directrice d’études à l’EHESS, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité

Amélie Le Renard, Chercheuse au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité

Geneviève Pruvost, Chercheuse au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, politique et sexualité

Juliette Rennes, Maîtresse de conférences à l’EHESS, Sociologie, EHESS, master Genre, politique et sexualité

Claude CALAME, directeur d’études, EHESS, anthropologie des mondes anciens

 

Université de Cergy-Pontoise

Karine BERGES, Maîtresse de conférences en civilisation hispanique, chargée de mission Egalité femmes-hommes (contact mail : karine.berges@u-cergy.fr)

Diana BURGOS-VIGNA, Maîtresse de conférences en civilisation latino-américaine

Sylvie BRODZIAK, Maîtresse de conférences-HDR en littérature

Alexandrine GUYARD-NEDELEC, Maîtresse de conférences en civilisation britannique

Violaine HOUDART-MEROT, Professeure de littérature française