Féminisme(s) e(s)t politique(s)

Mardi 24 janvier 2012 – Paris
Journée d’étude EFiGiES
« Féminisme(s) e(s)t politique(s) »

organisée par Emmanuelle Beaubatie, Solenn Carof, Aurélie Chrestian, Édith Gaillard, Gabriell Galli, Lola Gonzalez-Quijano, Marie Quévreux, Guillaume Roucoux.

Avec le soutien de l’Institut Émilie du Châtelet (Région Île-de-France / Muséum National d’Histoire Naturelle) et de l’EHESS.

PROGRAMME

Disponible en format PDF ici.

9h : Accueil des participantes, café
9h30 : Introduction de la journée d’étude

9h45 – 12h30 : Table ronde 1 : Les divergences, les continuités et les mutations du féminisme.

  • Florys Castan-Vicente et Sophie Pépin : « Continuité et rupture dans l’entre-deux-vagues : la question du politique »
  • Fanny Tourraille : « La “question du voile”, opérateur et révélateur des transformations de l’espace du mouvement féministe »
  • Hélène Nicolas, Sloane Kersusan, Delphine Rosin et Myriam Benguerine : « Du MLAC au FRASC, histoires de transmissions à Grenoble »
  • Joane Chabassier : « Qu’est-ce que défendre la cause publique des femmes ? Distancions et concurrences au sein des organisations féministes en France à l’heure d’une 3ème vague »

Pause déjeuner offerte

14h15 – 16h15 : Table ronde 2 : Mouvements féministes, partis et courants politiques.

  • Valentine Baleato : « La place du paradigme féministe dans l’institutionnalisation de la lutte contre la violence conjugale en France »
  • Nicole Forstenzer : « L’“entreprenariat public de genre” dans le Chili de la post-dictature (1990-2010) : une configuration particulière des rapports entre féministes et partis politiques »
  • Irène Pereira : « Un exemple de rapports entre Anarchisme et féminisme : l’organisation Alternative libertaire entre 2006 et 2010 »

16h25 – 17h45 : Table ronde 3 : L’engagement féministe dans les pratiques quotidiennes et les « pratiques de soi »

  • Anahita Grisoni : « Féminisme et écologie : les mouvements de femmes des professionnelles de la santé naturelle »
  • Anna Reymondeaux : « Changer sa vie à défaut de changer le monde »

17h45 : Conclusion de la JE

À partir de 19h30 : Soirée festive à La Générale

Lieux :
EHESS : Amphithéâtre – 105 boulv. Raspail, Paris 6ème (M° 4 : Saint-Placide, Vavin – Bus n° 58, 68, 83, 89, 91)
LA GÉNÉRALE : 14 avenue Parmentier, Paris 11ème (M° 9 : Voltaire – Bus n° 46, 56, 61, 69)

RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS

Disponibles en PDF ici.

Sophie PÉPIN et Florys CASTAN-VICENTE : « Continuité et rupture dans l’entre-deux-vagues : la question du politique »
Entre les deux « vagues » mises en valeur par l’histoire du féminisme en France, des travaux ont pu mettre en valeur des mouvements moins connus, tel le Mouvement démocratique féminin (MDF). Le MDF est un rassemblement militant de femmes qui a existé et s’est développé au cours des années 1960. Or ce mouvement se trouve affilié au futur MLF par l’intermédiaire d’Anne Zelensky. En effet, elle est à l’origine, avec Jacqueline Hogasen, du groupe féministe universitaire Féminin, masculin, avenir  (FMA) créé en 1967, et rapidement intégré au MDF. Nous nous interrogerons donc sur la rupture entre deux générations de féministes et nous nous demanderons dans quelle mesure la rupture entre le MDF et la « deuxième vague » féministe se fait sur la place et la définition du politique. Cette rupture nous permettra d’évoquer des conflits plus récents entre associations féministes, sur la question du politique également.

Fanny TOURRAILLE : « La « question du voile », opérateur et révélateur des transformations de l’espace du mouvement féministe »
Cette contribution émane d’une enquête menée dans le cadre d’un doctorat de Sociologie à l’Université Toulouse 1 (LaSSP). A travers l’examen des mobilisations féministes sur la « question du voile », elle se penchera sur les conditions d’émergence et de pérennisation de collectifs féministes incluant des femmes voilées.
Minoritaires dans le champ féministe et confrontés à l’hostilité des autres groupes, ces collectifs peinent à s’imposer. L’imaginaire colonial qui continue de travailler le féminisme majoritaire explique une part de leurs difficultés et des fortes préventions à l’égard de l’Islam qui leurs sont opposées. Mais l’étude de ces groupes montre, d’une part, que la question du voile a agi comme révélateur de contradictions et de tensions multiples qui ne peuvent se réduire au seul paradigme colonialiste et, d’autre part, qu’il y a minoritaire et minoritaire: être minoritaire au sein du champ féministe implique déjà d’avoir les ressources nécessaires en terme de réseaux, de positions sociales ou d’aptitudes militantes pour « jouer le jeu ».

Hélène NICOLAS, Sloane KERSUSAN, Delphine ROSIN et Myriam BENGUERINE : « Du MLAC au FRASC, histoires de transmissions à Grenoble »
Des militantes des Féministes pour la Réappropriation de l’Avortement et des Contraceptions (FRASC) exposeront la manière dont elles se sont emparées, en 2006, des luttes menées par le MLAC dans les années 1970 à Grenoble. La rencontre avec des militantes et la découverte des archives de cette lutte ont donné lieu à des actions, à un livre (Avorter, histoires des luttes et des conditions d’avortements) et à une émission radio de libre antenne sur la sexualité (Cas Libres). Nous reviendrons sur les heurts et bonheurs des rencontres avec les « vieilles » militantes et sur les raisons de ces rapports divers.

Joanne CHABASSIER : « Qu’est ce que défendre la cause publique des femmes ? Distancions et concurrences au sein des organisations féministes en France à l’heure d’une 3ème vague »
L’intervention proposée abordera les questions des évolutions et des trajectoires du/des féminismes aujourd’hui. La communication s’appuiera sur un travail d’analyse lexicale des autodéfinitions des organisations engagées dans la « cause des femmes ». Entre unité et pluralité, il s’agira d’interroger l’intersectionnalité des postures politiques féministes au regard d’une dynamique de 3ème vague.

Valentine BALEATO : « La place du paradigme féministe dans l’institutionnalisation de la lutte contre la violence conjugale en France »
Depuis les années 2000, le phénomène de la violence conjugale rencontre l’intérêt des pouvoirs publics, ce qui peut être analysé comme le résultat de la mobilisation sociale des associations féministes dans ce domaine à partir des années 1970. L’institutionnalisation de cette « cause » a entraîné une relative marginalisation du « paradigme féministe » au profit d’un « référentiel sécuritaire » dans la lutte contre l’insécurité et la délinquance, qui participe d’une certaine « racialisation » de la violence conjugale.

Nicole FORSTENZER : « L’ »entreprenariat public de genre » dans le Chili de la post-dictature (1990-2010) : une configuration particulière des rapports entre féministes et partis politiques »
Cette communication aborde la division du féminisme chilien en branches aux projets politiques divergents à partir de leur position vis-à-vis de la coalition de centre-gauche ayant porté le retour à un système démocratique, la Concertation de partis pour la démocratie. Dans un premier temps, l’émergence d’un « triangle de velours » (A. Woodward) et de ce que je propose d’appeler un « entreprenariat public de genre » est évoquée à partir de la double militance et des processus d’institutionnalisation et de professionnalisation féministe, en lien avec la mise en place de politiques publiques d’égalité hommes-femmes et notamment de la création du Service national de la femme, le SERNAM. Dans un second temps, la communication éclaire les rapports entre différentes branches du féminisme, partis politiques et autres mouvements sociaux à travers la présentation de deux épisodes illustratifs.

Irène PEREIRA : « Un exemple des rapports entre anarchisme et féminisme : l’organisation politique Alternative libertaire entre 2006 et 2010 »
En abordant la question des rapports entre anarchisme et féminisme, nous souhaitons nous interroger sur l’existence ou non d’une spécificité des organisations politiques anarchistes dans leurs rapports au féminisme. Y aurait-il de la part des organisations anarchistes, par rapport aux autres organisations politiques de l’extrême gauche française, une réception particulière des questions féministes ? Ces organisations échappent-t-elles aux critiques faîtes habituellement par les féministes aux organisations politiques ? L’attention que les anarchistes portent historiquement aux rapports de pouvoir, aux revendications autour de l’amour libre et de l’épanouissement individuel, constituent-ils un terrain favorable pour le féminisme ? À partir de l’exemple de la commission anti-patriarcat de l’organisation politique de la mouvance anarchiste française, Alternative libertaire, dont nous avons suivi le fonctionnement entre 2006 et 2010, nous souhaitons apporter un éclairage à ces questions.

Anahita GRISONI : « Féminisme et écologie : les mouvements de femmes des professionnelles de la santé naturelle »
La naturopathie est une médecine douce, naturelle ou alternative, non reconnue en France, qui s’inscrit dans la perspective historique de la mouvance New Age. Cette thérapie en transformation a été l’objet de mon travail de thèse. A priori, cette enquête ne relève ni de l’étude du féminisme, ni de celle du politique. Pourtant, au-delà du discours réflexif des acteurs, j’ai pu observer l’émergence d’une forme de mouvement de femmes qui se développe au sein de cette population. De nature essentialiste et religieuse, inscrite dans la mouvance New Age et héritière des apports de l’éco-féminisme, les principes et les valeurs défendues par le « mouvement des femmes de la santé naturelle » semble constituer le terreau fertile sur lequel la critique d’Élisabeth Badinter, auteure de Le conflit, la femme et la mère, s’est élaborée.

Anna REYMONDEAUX : « Changer sa vie à défaut de changer le monde »
Les militantes du MLF, féministes, souvent lesbiennes des années 70 ont réinventé leurs vie : c’est par cette vie-là, réinventée, que fait sens l’utopie. Des consciences et des vies se sont alors « fabriquées », loin d’un cadre de lutte traditionnel, c’est la ré-appropriation de l’existence qui se fait lutte. Le féminisme est un engagement militant singulier, dont l’analyse offre une vision de la place de la radicalité dans nos sociétés. Aujourd’hui les mêmes questionnements s’opèrent : doit-on tendre exclusivement vers l’égalité ? Ou doit-on faire preuve de force et créativité? A l’heure où la visibilité semble avoir remplacé la résistance, ces deux idéaux sont-ils compatibles ?

Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances

Journée d’études EFiGiES

Genre, santé, sexualités : de l’injonction aux résistances

Vendredi 6 décembre 2013 — CNRS (site Pouchet) Paris

organisée par Adeline Adam, Karine Duplan, Lola Gonzalez-Quijano, Guillaume Roucoux, Sherley Valzema

Avec le soutien du GIS Genre, du Cerilac, de l’ANEF, de l’URSHS de Gustave Roussy, de l’observatoire de l’égalité femmes/hommes de la Mairie de Paris, du Pôle Egalité Femmes Hommes (PEFH) de l’Université Paris 7

 

Les institutions mondiales, européennes et françaises de santé construisent leurs politiques publiques autour d’une vision positive et idéalisée de la santé comme « un état de bien-être physique, mental et social et [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité1 ». Cette définition amène à s’interroger sur les questions de sexualités, de précarités, d’inégalités, de discriminations et de violences au prisme du genre. Pourtant, les discours et les injonctions à une « bonne santé » et à une « bonne sexualité », qui seraient gages d’épanouissement et de bien-être, tout comme les dispositifs et les pratiques censées les favoriser, sont sous-tendus par des normes de genre qui peuvent aller à l’encontre de ces objectifs. Cette journée d’étude propose ainsi d’interroger ce paradoxe et sera consacrée aux articulations entre genre, santé et sexualités.

Appel à communication au format pdf, disponible ici

PROGRAMME

Disponible au format pdf ici

9h45-12h : Soignez cette anormalité dont je ne saurais souffrir

  • Kira Ribeiro, «La santé (sexuelle) en procès: le genre dans la criminalisation

    du VIH»

  • Romain Amaro, « Diluer la santé mentale et sexuelle des gays dans les rites d’injection de drogue de synthèses »

  • Pierre Brasseur, « Assister la sexualité de la personne en situation de handicap : retour autour d’une controverse »

  • Michal Raz, « Sexisme et hétéronormativité dans la prise en charge médicale des intersexuéEs »

Pause déjeuner offerte

14h-15h45 : Contrôle et droits reproductifs

  • Anaïs Garcia, « Planification familiale et contrôle de la reproduction des femmes indigènes guatémaltèques »

  • Yira Lazala, « Tensions politiques des discours de la presse espagnole sur les droits sexuels et reproductifs des femmes latino-américaines (2002-2012) »

  • Mona Claro, « Les femmes entre injonction à la maternité et « culture de l’avortement » en Russie soviétique (1955-1991) »

16h15-18h : Prescriptions, résistances et réappropriations

  • Florys Castan, « Les activités physiques et sportives féminines (milieu du XIXe s -1945): proscriptions, prescriptions et résistances »

  • Stéphanie Pache, « Le mouvement des psychologues féministes américaines : nouvelle injonction à la santé ou forme de résistance? »

  • Cinzia Greco, « Résistances et appropriations : le corps mastectomisé »

18h : Conclusion de la journée

à partir de 19h30 : soirée festive à La Mutinerie (entrée libre et restauration sur place)
 
Résumé des communications

Kira Ribeiro – Paris 8 LabTop CEFEG GRAL : La santé (sexuelle) en procès : Le genre dans la criminalisation du VIH

Kira Ribeiro montre comment la politisation du VIH/sida – inspirée de celle de la syphilis – s’est effectuée en deux temps en France, dans deux perspectives différentes.  Au début des années 1990, alors que la trithérapie n’existe pas encore, les politiques s’expriment en faveur d’un enrayement de l’épidémie couplé à une défense nationale par la responsabilisation des porteurs du virus. L’opposition et les associations de lutte contre le sida ne l’acceptent pas. Elles y voient une stigmatisation des personnes séropositives et lui préfèrent une politique préventive. Puis, en 2004, sous l’impulsion de l’association Femmes Positives, la controverse reprend sous des termes différents. D’après ces dernières, la transmission du VIH est une violence faite aux femmes, ce qui sous-entend d’une part que les transmissions sont des actes volontaires de nuisance interindividuelle, et d’autre part qu’elles ne concernent que des couples hétérosexuels au sein desquels les hommes sont coupables et les femmes victimes. Au terme d’une comparaison entre ces deux périodes, Kira Ribeiro montre que la criminalisation de la transmission du VIH aggrave la vulnérabilité des femmes séropositives, plus qu’elle ne les protège, du fait qu’elle repose sur une représentation patriarcale des femmes comme passives, fragiles et dénuées de toute capacité d’agir.

Michal Raz – CERMES3 : Sexisme et hétéronormativité dans la prise en charge médicale des intersexuéEs

Michal Raz présente de manière extensive son analyse d’études scientifiques sur le suivi de personnes diagnostiquées avec une Hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) en France, règlementé par des normes de genre et d’hétérosexualité reproductive. En raison de critères difficiles à remplir, les enfants intersexués sont plus souvent assignés filles, et soumis à un dispositif médical pour s’assurer de leur devenir femme et mère. Bien que certaines désirent avoir des enfants, d’autres n’ont pas de relations sexuelles, les vivent dans l’inconfort en raison d’opérations mutilantes ou méconduites, développent des préférences sexuelles envers d’autres femmes voire s’identifient à un autre genre. En ce qui concerne les hommes, leur sexualité s’évalue au regard de leurs rapports sexuels pénétratifs vaginaux. Or leurs résultats (une non-pratique) n’aboutissent pas non plus à ceux espérés par les médecins. Au regard de premiers résultats, des études plus récentes comme celle de Frédérique Gastaud en France accorde plus de place à d’autres activités sexuelles, et montre une corrélation entre l’absence de rapports et le nombre d’opérations subies. Cependant et malgré ces études, les objectifs des chirurgiens restent peu clairs entre esthétique et effectivité. L’idée d’un échec médical se profile d’autant plus que le « risque trans’ » perçu par ces derniers se concrétise pour une « minorité » de personnes intersexuées. Au final, intersexuation, homosexualité et transsexualité se retrouvent ensemble pathologisées au regard du taux d’hormones administrées ou produites. Ces expérimentations médicales visant la normalité, mais qui rendent d’autant plus difficile la sexualité, interrogent quant à leurs effets sur la santé des individu-e-s concerné-e-s ou la négligence  qu’elles pourraient éventuellement générer.

Cinzia Greco – EHESS/CERMES3 : Résistance et réappropriation : le corps mastéctomisé

La mastéctomie est une procédure chirurgicale qui concerne actuellement 30% des patientes atteintes d’un cancer du sein. Cette procédure qui aboutit à un corps asymétrique à un sein, ou à un corps sans seins, est couramment présentée comme une violation de l’intégrité du corps de la patiente. La réponse à cet état de fait est l’encouragement par le corps médical à la reconstruction de la poitrine. Cette reconstruction n’est pas motivée par des raisons cliniques et le choix revient donc théoriquement à la patiente. Cependant, le corps asymétrique ou sans seins est pathologisé à travers le discours et les pratiques médicales, et les normes de genre liées à l’assignation à un sexe, à une injonction à la désidérabilité et à l’hétérosexualité reproductive pèsent sur ces patientes. Alpha et Beta, sont des associations situées en Ile-de-France qui soutiennent les femmes ayant subi une mastectomie ; elles se concentrent sur la possibilité de ne pas recourir à une reconstruction. Alpha veut donner de la visibilité à ces corps différents par l’intermédiaire de l’art, grâce des expositions sur le thème de l’asymétrie. Elle n’a presque aucun lien avec la sphère médicale car le corps médical perçoit ses activités comme une tentative de stopper le progrès médical, progrès qui semblent donc fortement lié à un retour dans la norme. Beta s’occupe des patientes au niveau individuel en insistant sur le droit d’être à l’aise dans un corps asymétrique. Les entretiens montrent que la profession médicale présente la reconstruction de la poitrine comme le moyen d’avoir une vie normale à nouveau. Cependant, les changements corporels lors du traitement sont nombreux et la reconstruction ne passe pas simplement, voire pas du tout, par le fait de retrouver une poitrine symétrique et conforme aux canons de beauté. Ces normes, relayées et reconduites par une partie du corps médical, invisibilisent le processus de reconstruction, qui est plus général et qui aboutit à des changements radicaux dans l’attitude face à la vie.

Anaïs GarciaToulouse 2 Le Mirail LISST-CAS : Planification familiale et contrôle de la reproduction des femmes indigènes guatémaltèques

Au sein des politiques de santé publique, Anaïs Garcia propose de s’interroger sur la place des femmes indigène au Guatemala. La stérilisation est alors un outil de contrôle du corps re-producteur visant à endiguer une population pauvre et indigène croissante, susceptible de déstabiliser la société guatémaltèque. La protection du territoire nationale nécessite la mise en œuvre d’une planification familiale afin de contrôler les naissances. D’une part, au sein de ces dispositifs, les individus sont dénués de toute forme d’agentivité, d’autre part, le corps des femmes devient un lieu pour instituer ces nouvelles normes procréatives, tandis que les vasectomies, sont, quant à elles, très peu prescrites. Ces nouvelles normes procréatives non seulement impactent les corps mais laissent également des traces, parfois indélébiles. En effet, les stérilisations féminines sont lourdes et risquées. « Cette appropriation autoritaire et collective du corps des femmes indigènes fait écho au cas des violences sexuelles du conflit armé ».

Mona Claro – EHESSLes femmes entre injonction à la maternité et « culture de l’avortement » en Russie soviétique (1955-1991)

Mona Claro s’intéresse aux différentes évolutions de la législation en matière d’avortement en Russie soviétique et sur le rapport des femmes à ces différentes législations. En adoptant une perspective féministe critique, Mona Claro montre comment la question de l’avortement ne peut se réduire à une avancée émancipatoire telle que les discours féministes occidentaux l’ont défendue. Elle déconstruit ainsi de façon critique la façon dont les sciences sociales ont massivement décrit une supposée banalisation de l’avortement en Russie soviétique, ou du moins un recours massif à l’avortement, comme une culture de l’avortement, opposée à une culture « civilisée » de la contraception. En combinant travail d’archives et recueils biographiques, Mona Claro cherche à rendre le vécu des sujets concernés. Elle s’inscrit dans une perspective qui montre à voir l’agentivité à l’œuvre de ces sujets femmes et prône un nécessaire décentrement d’un point de vue occidentalo-centré qu’il s’agit d’adopter lorsque l’on aborde ces questions.

2013 Les frontières au prisme du genre

Journée d’études EFiGiES

organisée par Julie Abbou, Francesca Arena, Karim Hammou, Perrine Lachenal

Centre Norbert Elias – Centre de la Vieille Charité, 2 rue de la Charité, 13002 Marseille

 

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PROGRAMME

9h30 – Ouverture, par Agnès MARTIAL (CNRS – Centre Norbert Elias)

09h45 – Présentation de la journée, de l’atelier et de l’association

10h-12h : Lieux propres, lieux de l’autre

Discutant·e·s : Julie Abbou (AMU) et Karim Hammou (CRESPPA-CSU)

Lisa ANTEBY-YEMINI (CNRS – IDEMEC) : Ségrégations spatiales et frontières de genre dans le judaïsme : le cas des synagogues orthodoxes-égalitaires en Israël et aux USA

Lola GONZALEZ-QUIJANO (EHESS – Ladéhis) :Convenances sociales et réalités vénales dans l’espace public parisien (XIXe siècle)

Emilie FRANCEZ (AMU– IDEMEC) : L’entre-soi féminin au hammam : entre utopie et reproduction des normes

Edith GAILLARD (Université de Tours / Université de Brest) : Les squats féministes ou comment repousser les frontières du genre

12h00 – Repas

14h-15h15 : Ordonner des trajectoires

Discutante : Francesca Arena (AMU – Telemme)

Virginie BLUM (Centre Max Weber, Université Lyon 2) : Le genre de l’espace au regard de la division du travail hospitalier

Stéphanie BOUJUT (Université de Rouen – DYSOLA) : Les frontières du genre en protection de l’enfance : une enquête sur les lieux de placement

15h15 – Pause

15h30-16h45 : Communautés imaginées

Discutante : Perrine Lachenal (AMU – IDEMEC)

Grace RANCHON (Université Jean Monnet) : Une culture modèle. Féminin et masculin dans les manuels de Français Langue Étrangère

Julie ABBOU (AMU) : Abode. Inter-colonialisme, idéologies du genre et idéologies de la frontière à Hong Kong

Ilaria SIMONETTI (EHESS – LAS) : Basculement des frontières fonctionnelles, symboliques et territoriales dans les récits de guerre concernant les femmes soldates israéliennes

16h45 – Fin de la journée

Résumé des communications

Lisa ANTEBY-YEMINI (CNRS – IDEMEC) : Ségrégations spatiales et frontières de genre dans le judaïsme : le cas des synagogues orthodoxes-égalitaires en Israël et aux USA

Le judaïsme assigne, comme d’autres traditions monothéistes, des rôles sexuellement différenciés aux femmes et aux hommes dans la pratique des rituels et dans les fonctions religieuses publiques. Depuis des siècles, des justifications d’ordre social ou biologique ont institué la ségrégation des femmes dans l’espace de la synagogue et leur exclusion de l’étude talmudique et des rôles de leadership religieux. Depuis les années 1970 les courants juifs non-orthodoxes, largement influencés par le mouvement féministe américain, ont commencé à réclamer l’égalité des femmes dans l’espace du culte et dans les responsabilités cléricales. En revanche, dans le judaïsme orthodoxe la « déségrégation » est encore un sujet de débats. Cette communication s’attachera à montrer quelles frontières de genre se négocient. En particulier, le cas de synagogues orthodoxes-égalitaires illustrera comment des femmes ont su « déplacer » la frontière spatiale et rituelle tout en observant la loi juive. Nous invoquerons aussi les nouvelles fonctions féminines para-rabbiniques (conseillères en loi juive, guides religieuses et spirituelles) qui refaçonnent ces frontières genrées. Enfin, nous esquisserons une comparaison avec l’islam dans lequel des courants égalitaires donnent également lieu à un espace cultuel « désegrégué » et à un nombre croissant de femmes accédant à de nouveaux rôles, tels que l’imamat.

Emilie FRANCEZ (AMU– IDEMEC) : L’entre-soi féminin au hammam : entre utopie et reproduction des normes

À la fois espace de bain et pratique corporelle, emblématique des civilisations arabo- musulmanes, le hammam est un révélateur des codes hygiéniques, esthétiques, sociaux et religieux des sociétés dans lequel il est implanté. Organisé selon une séparation stricte des sexes, dans un espace clairement délimité, il témoigne aussi de la relation entre les sexes et de la production du genre. En interrogeant les sens que les baigneuses attribuent au temps et à l’espace du bain, il s’agira de nourrir une réflexion autour de l’idée communément exprimée par celles-ci du plaisir de se retrouver « entre femmes ». Je travaillerai ainsi à partir de l’hypothèse que le hammam peut être recherché pour vivre une expérience à la fois collective et individuelle qui rompt avec la mixité des espaces publics et favorise un entre-soi féminin. Dans ce contexte, comment le hammam est-il interprété pour illustrer cette utopie et représenter un mode de construction du genre féminin ? Comment cela se traduit-t-il dans les pratiques et les discours ? Dans quelle mesure, cette conception idéalisée du hammam, cache-t-elle sa contribution à la reproduction de normes et de contraintes sociales ?

Edith GAILLARD (Université de Tours / Université de Brest) : Les squats féministes ou comment repousser les frontières du genre

À partir de l’objet « squat féministe », je souhaite mettre en lumière la manière dont l’espace participe de la construction des identités. L’identité collective fonctionne à travers l’activation d’une « frontière » qui sépare le « nous » du « eux » et qui s’élabore au cours d’un processus complexe. J’exposerai ce processus en fonction de là où le regard se pose : de l’activation d’une frontière en construisant des espaces féministes, aux rapports entre « eux » et « nous », aux comportements des membres des collectifs féministes, les unes vis-à-vis des autres. L’activation de la frontière consiste à asseoir sa présence sociale, à « être là » au sein d’un espace féministe pour rééquilibrer les faits de pouvoir. Ce rapport à l’espace du squat permet aux personnes investies dans cette mouvance de dessiner les contours d’une identité, de la réajuster, de la refaçonner, de la travailler. Les habitantes des squats travaillent perpétuellement le « genre » pour rééquilibrer les rapports de pouvoir, pour rétablir un rapport égalitaire, en favorisant l’émergence d’espaces hybrides, en dépassant les frontières usuelles entre espaces privés/domestiques et espaces publics et finalement reconsidérer les limites du corps afin de dépasser les contraintes, de changer les comportements dictés par les contraintes socio-spatiales, de repousser les « frontières ».

Stéphanie BOUJUT (Université de Rouen – DYSOLA) : Les frontières du genre en protection de l’enfance : une enquête sur les lieux de placement

La communication portera sur une enquête en protection de l’enfance menée sur les trajectoires de placement. Certains résultats de l’enquête indiquent que des établissements, habilités à accueillir des mineurs protégés, fonctionnent selon des logiques nettement sexuées. Trois logiques seront évoquées lors de cette communication : celle qui ordonne l’espace physique du genre organisant une ségrégation des mineurs ; celle relative à l’espace social du genre qui ressortit des orientations scolaires et professionnelles proposées aux mineurs ; enfin une logique considérant la dimension psychologique des événements rapportés par les enfants accueillis, mais ne s’adressant qu’à certains d’entre eux.

Julie ABBOU (AMU) : Abode. Inter-colonialisme, idéologies du genre et idéologies de la frontière à Hong Kong

Hong Kong constitue un espace politique éphémère en transition entre deux empires : sous souveraineté britannique jusqu’en 1997, le territoire sera pleinement rétrocédé à la République Populaire de Chine en 2047. Face à une Chine perçue par les hongkongais tantôt comme le prochain colon à venir, tantôt comme le barbare totalitaire ou encore comme la conclusion de la colonisation britannique, ce « retour » controversé fait de la frontière avec la Chine un lieu de tensions physiques et symboliques palpables où les rapports de domination – politiques, économiques, identitaires – s’entrecroisent. Cette tension s’illustre dans « l’affaire des mères chinoises » qui viennent accoucher à Hong Kong. Qu’elles soient dépeintes comme dangereuses contaminatrices, bénéfique métissage ou symbole de la réunification, ces femmes chinoises vont être discursivement convoquées pour délimiter l’identité hongkongaise. Là comme ailleurs, genre et nationalisme entretiennent des rapports étroits. À travers une analyse rhétorique et discursive d’articles de presse anglophones et de vidéoclips politiques parus entre 2012 et 2013 dédiés à ce « scandale » des mères chinoises, on tentera de fournir une image des intrications entre idéologies du genre, idéologies des frontières et logiques identitaires à l’œuvre dans les représentations des femmes chinoises comme curseur d’un espace inter-colonial hongkongais.

Ilaria SIMONETTI (EHESS – LAS) : Basculement des frontières fonctionnelles, symboliques et territoriales dans les récits de guerre concernant les femmes soldates israéliennes

À partir du concept anthropologique de frontière, cette communication tente d’analyse le développement du processus de construction des femmes soldates en Israël au cours des conflits armés plus récents. Ce processus met en évidence les fluctuations des frontières entre les sexes à l’intérieur d’un système de guerre qui se veut promoteur de l’égalité entre hommes et femmes. Le basculement des frontières fonctionnelles, symboliques et territoriale concernant les soldates pendant les opérations militaires marque l’émergence de figures inhabituelles dans le scénario de guerre. Toutefois, via le cas des soldates de Tsahal (Force de Défense Israélienne), il s’agira également de comprendre la complexité des frontières entre groupes belligérants et de mesurer le renforcement de catégories d’opposition entre ennemis, notamment pour ce qui concerne le conflit israélo- palestinien. Ma réflexion portera en particulier sur la mutation des récits de guerre concernant les soldates impliquées dans les manœuvres militaires, et sur la manière dont elles sont présentées par le porte-parole de l’armée. Des témoignages des ex-soldates recueillies pendant mon terrain de recherche seront aussi au centre de cette communication.

la pétition LES ÉTUDES DE GENRE, LA RECHERCHE ET L’ÉDUCATION : LA BONNE RENCONTRE est en ligne.

 

http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2014N45876

 

n’hésitez pas à faire circuler. La pétition est ouverte à toutes et à tous.

Il importe que vous apposiez votre signature sur ce site de la pétition publique même si vous êtes déjà inscrit dans les comités, afin que vous soyez pris en considération dans le décompte. 

Nous avons créé un site (attention, l’adresse indiquée sur pétitionpublique est pour l’instant incorrecte – nous allons la modifier bientôt).

La bonne adresse est : http://genrerechercheeducationrencontre.unblog.fr/

Nous pouvons d’ores et déjà  y actualiser listes, comités, tribunes et ajouter des liens médias.

merci à vous toutes et tous, 

le combat continue

L’équipe active (voir contacts par université sur site ci-dessus)

 

Le texte et les comités

Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre

Des enseignantes et des enseignants de la maternelle à l’Université,

des chercheuses et des chercheurs, des étudiantes et des étudiants réagissent et appellent au soutien de toutes et tous.

 Cette pétition est ouverte à toutes et à tous.

 

Depuis quelques jours, les élèves et les parents d’élèves sont harcelés de mails et de SMS provenant d’associations extrémistes qui propagent la rumeur selon laquelle, parce que « le genre » est introduit dans les programmes scolaires, leurs enfants seraient en danger à l’école. Non seulement cette manœuvre de déstabilisation des parents est révoltante (les enfants ont été privés d’école), mais, de plus, cette rumeur est totalement mensongère. Depuis plusieurs jours également, les propos les plus extrémistes circulent, dans les rues ou sur les réseaux sociaux, réveillant les haines envers les homosexuels, les juifs, les féministes, les professeurs des écoles appliquant l’ABCD de l’égalité, les chercheurs en études sur le genre, tous présentés comme des ennemis de la société.

Face à ces propos dangereux, face aux risques de dérives extrémistes, nous, enseignant-e-s, étudiant-e-s, chercheur-e-s, souhaitons prendre la parole, rappeler la réalité des pratiques éducatives et scientifiques d’aujourd’hui, et appeler au soutien de nos concitoyens et concitoyennes, de toutes les régions de France, de toutes les origines, de toutes les cultures.

  • NON, les enfants ne sont pas en danger. Non, il n’y aura pas de projection de films « sexuels » à l’école, et les garçons ne seront pas transformés en filles (ni inversement).
  • NON, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas, mais, oui, les études de genre existent. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives. On n’est pas homme ou femme de la même manière au Moyen-Âge et aujourd’hui. On n’est pas homme ou femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie. On n’est pas homme ou femme de la même manière selon qu’on est cadre ou ouvrier. Le genre est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences.
  • OUI, les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les stéréotypes de sexe, car l’école, le collège, le lycée sont les lieux où les enseignants promeuvent l’égalité et la tolérance, où les enfants apprennent le respect des différences (culturelles, sexuelles, religieuses). « Vati liest die Zeitung im Wohnzimmer. Mutti ist in der Küche. » (Papa lit le journal au salon. Maman est à la cuisine). Voilà comment des élèves de collège apprenaient l’allemand, à travers les aventures de Rolf et Gisela, dans les années 1980. Réfléchir sur le genre, c’est réfléchir sur les effets de ce type de messages.
  • OUI, l’école est le lieu où l’on permet à chacun, par les cours de français, d’histoire, de SVT, d’éducation civique, d’éducation physique, de réfléchir sur les conséquences néfastes des idées reçues et d’interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés au cri de « pédés » dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde. Oui, l’école est le lieu où l’on permet aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes.

Les études de genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et le CNRS, et elles ont des utilités nombreuses dans l’éducation et la lutte contre les discriminations : ces études et ces travaux existent à l’université depuis longtemps. Nombreuses sont les académies à organiser des journées de formation sur ces thèmes ; nombreuses sont les universités à offrir des cours intégrant le genre : en sociologie, en sciences de l’éducation, en anthropologie, en biologie, en sciences économiques, en philosophie, en histoire, en littérature, etc. Des séances de sensibilisation aux questions d’égalité entre les sexes font partie du parcours de formation des enseignants du primaire et du secondaire.

En permettant aux élèves de constater la diversité des familles actuelles, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles offrent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, la liberté de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.

En signant la pétition en ligne, merci d’indiquer, pour toutes et tous, votre profession et votre région (et si vous êtes étudiants, enseignants et/ou chercheurs, votre statut, votre discipline et votre université).

De plus, si vous souhaitez rester en contact avec la communauté rassemblée autour de cet appel, merci de signer en indiquant que vous souhaitez que votre adresse mail soit visible pour l’organisateur de la pétition.

 

La liste ci-dessous intègre les comités selon leur ordre d’arrivée, ceux-ci sont en cours d’évolution. Pour connaître l’ensemble des contacts, les premiers signataires, les associations, les universités impliquées et les comités locaux qui se sont constitués : cliquer ici.

Premiers signataires de l’Université de Strasbourg

Sandra Boehringer, maîtresse de conférences, Faculté des Sciences historiques (contact : s.boehringer@unistra.fr)

Estelle Ferrarese, professeure, Faculté des Sciences Sociales

Jean-Pascal Gay, maître de conférences, Faculté des Sciences historiques

Sylvie Monchatre, maître de conférences, Faculté des Sciences sociales

Philippe CLERMONT, maître de conférences, École Supérieure du Professorat et de l’Éducation

Céline Petrovic, chargée d’enseignement, Faculté des Sciences de l’Éducation

 

Premiers signataires de l’Université de Paris 7 Denis Diderot

Laurie LAUFER, professeure, UFR Études psychanalytiques (contact : laurie.laufer@univ-paris-diderot.fr)

Gabrielle HOUBRE, maîtresse de conférences, UFR Géographie, Histoire, Sciences de la Société

Alain WARGNIER, médecin des Hôpitaux, maître de conférences

Fethi BENSLAMA, Professeur, UFR Études psychanalytiques, Directeur de l’Institut des Humanités

Florence DUPONT, Professeur émérite, UFR Lettres Arts Cinéma, Institut des humanités

Anne KUPIEC, professeur de sociologie, UFR de Sciences sociales, Laboratoire de changement social et politique

 

Comité de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Violaine SEBILLOTTE, professeure, histoire (contact : violaine.sebillotte@univ-paris1.fr)

Armelle ANDRO, maîtresse de conférences, démographie

Marianne BLIDON, maître de conférences géographie

Marie BUSCATTO, professeure, sociologie

Delphine DULONG, maîtresse de conférences, sciences politiques

Anne HUGON, maîtresse de conférences, histoire

 

Premiers signataires de Lyon

Cécile Ottogalli, maîtresse de conférences en Staps, Lyon1 (contact : cecile.ottogalli@univ-lyon1.fr)

Muriel Salle, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, École Supérieure du Professorat et de l’Éducation, Lyon1 (contact : muriel.salle@univ-lyon1.fr)

Philippe Liotard, maître de conférences en Staps, Chargé de la mission égalité de Lyon1 (contact : philippe.liotard@univ-lyon1.fr)

Pascale Barthélémy, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, ENS Lyon (contact : pascale.barthelemy@ens-lyon.fr)

Marianne Thivend, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Lyon2 (contact : mthivend@mail.univ-lyon2.fr)

Eliane Viennot, professeure d’Université en littérature, Jean Monnet, Université de Saint Etienne (contact : eliane.viennot@gmail.com)

 

Comité et contact de l’Université Paris 5 Descartes

Vincent Estellon, maître de conférences, Institut de Psychologie (contact : vincent.estellon@parisdescartes.fr).

Françoise Neau, professeure de psychopathologie clinique, Institut de Psychologie.

 

Premier-ère-s signataires l’Université de Nice Sophia Antipolis

Karine LAMBERT, maîtresse de conférences en histoire, Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) (contact : klambert@unice.fr)

Jean-Luc GAUTERO, maître de conférences, Philosophie et Histoire des Sciences

Lucie BARGEL, maîtresse de conférence en science politique

Eric CHAUDRON, professeur agrégé histoire,  ESPE

Nicole BIAGOLI, professeure des universités en Lettres, ESPE

Sandra PLANTIER, professeure agrégée géographie, ESPE

 

Premiers signataires de l’Université de Picardie Jules Verne

Sylvie PERCEAU, maîtresse de conférences, UFR des Lettres (contact : sylvie.perceau@u-picardie.fr)

Coralie BOURNONVILLE, ATER, UFR des lettres

Catherine GRALL, maître de conférences, UFR des Lettres

Aurélie ADLER, maître de conférences, UFR des Lettres

Anne DUPRAT, professeure de Littérature Comparée

Carlo Umberto ARCURI, maître de conférences, UFR des Lettres

 

Premiers signataires de l’Université d’Angers

Nahema HANAFI, maîtresse de conférences, histoire moderne et contemporaine (contact : nahema.hanafi@univ-angers.fr)

Christine BARD, professeure, histoire contemporaine

Frédérique LE NAN, maîtresse de conférences, littérature médiévale

Emmanuel GRATTON, maître de conférences, psychosociologie

 

Premiers signataires de l’Université de Paris 8

Hélène Marquié maîtresse de conférences, Centre Études féminines, Études de genre, Art (contact : h.marquie@free.fr)

Anne E. Berger, professeure, littérature et études de genre, Paris 8, directrice de l’Institut du Genre (CNRS)

Mercedes Yusta Rodrigo, professeure d’Histoire de l’Espagne Contemporaine, UFR de Langues

Danièle Rosenfeld-Katz, maîtresse de conférences, chargée de mission égalité femmes-hommes et parité

Nacira Guénif, sociologue, anthropologue, professeure, Sciences de l’éducation

Béatrice Fracchiolla, maîtresse de conférences, Sciences du langage

 

Premiers signataires de l’Université Toulouse 2 – Le Mirail

Odile SAINT-RAYMOND, coordinatrice d’ARPEGE (réseau de recherches sur le genre)(arpege@univ-tlse2.fr)

Monique MEMBRADO, ingénieure CNRS, sociologue

Jacqueline MARTIN, maîtresse de conférences en Économie sociale 

Isabelle LACOUE-LABARTHE, maîtresse de conférence, histoire, sciences po

Sylvie CHAPERON, professeure d’histoire contemporaine 

Jérôme COURDURIES, docteur en anthropologie, maître de conférences

 

Comité de l’Université de Lille 3

Florence Tamagne, maîtresse de conférences, histoire contemporaine (contact : ftamagne@noos.fr)

Sylvie Aprile, professeur d’histoire contemporaine

Marie-Hélène Bourcier, maîtresse de conférences, CECILLE

Mélanie Traversier, maîtresse de conférences en histoire moderne

Claire Châtelain, chargée de recherche, CNRS/IRHIS

Antoine Rodriguez, maître de conférences, Amérique latine

 

Premiers signataires de l’Université de Paris 13

Pascale Molinier, professeure de psychologie sociale (contact : pascalemolinier@gmail.com)

Yoram Mouchenik, professeur de psychologie interculturelle

Aline Cohen de Lara, professeure de psychologie clinique

 

Premiers signataires de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Emmanuel WALLON, professeur de sociologie politique (contact: Genrepl@listes.u-paris10.fr)

Carina BASUALDO, maîtresse de conférences en Psychopathologie

Silvia CONTARINI, professeur de littérature et civilisation de l’Italie contemporaine

Olivier RENAUT, maître de conférences en philosophie ancienne

LOUYS Gilles, maître de conférences en langue et littérature française, Département de français pour étudiants étrangers

 

Comité de l’Université de Savoie

Fabienne Gillonnier, enseignante, Département STAPS (contact : fabienne.gillonnier@univ-savoie.fr)

Clémentine Bry, enseignante-chercheuse, Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie, Département STAPS

Phanélie Berthon, enseignante-chercheure, Laboratoire de Physiologie de l’exercice, Département STAPS

Sophie Bourgade, enseignante d’Anglais

Geneviève Pignarre, professeure de droit privé

 

Comité de l’Université de Poitiers

Michel Briand, professeur de langue et littérature grecques (contact : briand.mich@wanadoo.fr)

Lydie Bodiou, maître de conférences d’histoire grecque

Frédéric Chauvaud, professeur d’histoire contemporaine

Florence Filippi, maître de conférences en études théâtrales

Stéphane Bikialo, maître de conférences en langue et littérature française XXe siècle

Anne-Cécile Guilbard, maître de conférences en littérature française et esthétique de l’image

Alexandre Jaunait, maître de conférences, science politique

 

Comité de l’Université d’Aix-Marseille

Nolwenn LECUYER, maîtresse de Conférences, archéologie, Chargée de Mission Égalité femmes-hommes (contact : nolwenn.lecuyer@univ-amu.fr)

Damien BOQUET, maître de conférences en histoire du Moyen Âge

Julien DUBOULOZ, maître de conférences en histoire romaine

Anne CAROL, professeure en histoire contemporaine

Laurence Hérault, maîtresse de conférences, anthropologie

Jean-Jacques RASSIAL, Professeur, psychopathologie clinique

 

Contact de l’Université de Clermont-Ferrand 2

Anne-Sophie SAYEUX, maîtresse de conférences en anthropologie (contact : sayeux.annesophie@gmail.com)

 

Université de Montpellier 3

Rajaa STITOU, maîtresse de conférences en psychopathologie clinique (contact : rajaa.stitou@univ-montp3.fr)

Solange CARTON, professeure de psychopathologie clinique

Jean-Luc BERNABE, maître de conférences associé en psychologie clinique

Aude MICHEL, professeure de psychologie clinique et psychopathologie

Isabelle BOULZE, maîtresse de conférences en psychopathologie clinique

 

Comité de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)

Sébastien Roux, Chercheur au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité (contact : sebastien.roux@cse.cnrs.fr)

Laure Bereni, Chercheuse au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité

Rose-Marie Lagrave, Directrice d’études à l’EHESS, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité

Amélie Le Renard, Chercheuse au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, Politique, Sexualité

Geneviève Pruvost, Chercheuse au Cnrs, Sociologie, EHESS, master Genre, politique et sexualité

Juliette Rennes, Maîtresse de conférences à l’EHESS, Sociologie, EHESS, master Genre, politique et sexualité

Claude CALAME, directeur d’études, EHESS, anthropologie des mondes anciens

 

Université de Cergy-Pontoise

Karine BERGES, Maîtresse de conférences en civilisation hispanique, chargée de mission Egalité femmes-hommes (contact mail : karine.berges@u-cergy.fr)

Diana BURGOS-VIGNA, Maîtresse de conférences en civilisation latino-américaine

Sylvie BRODZIAK, Maîtresse de conférences-HDR en littérature

Alexandrine GUYARD-NEDELEC, Maîtresse de conférences en civilisation britannique

Violaine HOUDART-MEROT, Professeure de littérature française