Le site d’EFiGiES migre vers le carnet Hypothèse

Pour des raisons pratiques, EFiGiES a décidé de déplacer son site progressivement vers le carnet Hypothèse.

Les informations ne sont donc plus actualisées sur ce site, lequel sera fermé lorsque nous aurons fini le transfert des informations contenues sur le site vers le carnet.

Vous pouvez d’ores et déjà retrouver toutes les informations des ateliers EFiGiES sur le carnet.

Je « Doctorat, jeune recherche et parentalité » – 31 janvier 2017

Programme de la journée :

9h30 : Accueil des participant.e.s
10h : Introduction, Association EFiGiES

10h30-12h30 : Table-ronde « Précarité, jeune recherche et parentalité »
Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC)
Collectif des précaires de l’ESR
Clémentine Gaide, doctorant en sociologie, Sciences Po
Nawel Aït Ali, doctorante en sociologie, EHESS
Marie Mathieu, docteure en sociologie, Université Paris 8

12h30 – 14h00 : pause déjeuner

14h00 – 15h30: Ateliers – session 1

Atelier n°1 : Articulation vie privée / vie professionnelle
Modération : Clémentine Gaide, Isabelle Matamoros

Atelier n°2 : Grossesse et doctorat
Modération : Mathieu Arbogast, Agathe Roby

15h30-15h45 : pause

15h45-17h15 : Ateliers – session 2

Atelier n°3 : Droits et information
Modération : Clémentine Gaide, Mathieu Arbogast

Atelier n°4 : Relations avec l’institution universitaire
Modération : Isabelle Matamoros, Agathe Roby

17h15-18h : restitution des ateliers et remarques conclusives, association EFiGiES

INFORMATIONS PRATIQUES :
MSH PARIS NORD, 20 avenue George Sand, 93 210 Saint-Denis
M° 12 « Front Populaire » ou RER B « La Plaine – Saint-Denis »

Retrouvez le programme ici

Fin du financement du DIM « Genre, inégalités, discrimination » : exigeons un financement pérenne pour les études de genre !

Mercredi 14 décembre, la région Île de France a rendu publique sa décision d’arrêter de financer les études sur le genre et les discriminations dans le cadre des Domaines d’intérêt majeur (DIM). Les membres de l’association EFiGiES ne peuvent qu’exprimer leur inquiétude face à ce choix et aux perspectives laissées à ce champ d’études qui a par ailleurs été l’objet d’une forte offensive médiatique et politique ces dernières années.

Face aux attaques répétées contre une prétendue « théorie du genre », il apparaît aujourd’hui et dans un premier temps plus que nécessaire d’y répondre tant l’incompréhension qu’elles traduisent met en jeu l’avenir d’un champ dont la richesse et la nécessité ne devraient plus être à prouver.

Faut-il le rappeler, la théorie du genre n’existe pas. L’expression est employée par la presse et les bords politiques réactionnaires, à la suite de la Manif pour tous et de Vigi Gender, de façon extrémiste et mensongère pour dire leur refus d’une société en mouvement et progressiste. En effet, le terme « théorie » véhicule une stratégie politique déterminée couplée à un aspect idéologique qui ne siéent absolument pas à la réalité de ce qui se nomme en fait « études de genre », « études sur le genre » ou encore « études genre ».

L’objet premier des études de genre, champ largement interdisciplinaire et autonome, est l’étude des rapports sociaux entre les sexes. Laure Bereni le rappelle, « le champ des études sur le genre traverse de multiples disciplines, inclut des sous-champs de recherche variés et renvoie à des options méthodologiques et théoriques multiples. Il est traversé par des tensions, qui se traduisent parfois par de vives controverses, et il est en constante reconfiguration » . C’est l’objectif fondamental du champ qui apporte une certaine fédération : le genre en tant qu’outil et catégorie d’analyse permet de revoir les différences et la hiérarchie entre les hommes et les femmes jusque-là – et encore aujourd’hui – perçues par un déterminisme biologique aveuglant. Plus encore, le concept de genre permet de mettre en évidence qu’un rapport social est à l’origine de ce que l’on qualifiera d’homme ou femme, de masculin ou de féminin. Le genre est donc un « système qui produit une bipartition hiérarchisée » entre le masculin et le féminin « et les sexes renvoient aux groupes et catégories produites par ce système » (Bereni et al, 2012, p.10). Cet outil permet d’analyser les rapports de pouvoir qui s’ensuivent, ainsi que, dans une perspective intersectionnelle, les autres – de race et de classe – dans lesquels ils s’inscrivent.

Ainsi, contrairement à ce que ses détracteurs veulent faire croire – ou croient sincèrement du fait d’un manque d’information sur le sujet – les études de genre n’ont pas vocation à abolir les différences entre les sexes mais bien plutôt à lutter contre des stéréotypes discriminants à l’origine d’inégalités sociales criantes d’injustice. La richesse et l’originalité de leurs productions depuis une quarantaine d’années ont permis des avancées scientifiques sans précédent au sein des sciences humaines et sociales.

Après l’annonce de la région IDF, de nombreux médias ont relayé l’information concernant la fermeture du Domaine d’intérêt majeur (DIM) fléché genre en occultant certains aspects et enjeux qu’il nous paraît important de clarifier.

La région IDF finance tous les quatre ans des recherches entrant dans un dispositif de Domaines d’Intérêt Majeur (DIM). En 2006, avec le soutien actif de l’exécutif régional, l’Institut Emilie du Châtelet (IEC) avait été créé grâce aux financements régionaux issus de ces DIM. L’objectif du DIM étant d’être une aide à l’émergence de projets de recherche, les financements ne sont pas pérennes et ne peuvent pas être reconduits automatiquement au terme des quatre ans. L’IEC a pu recevoir des financements jusqu’à maintenant suite à son association en 2012 avec l’ARDIS (Alliance de recherche sur les discriminations), qui lui a permis de rester dans le dispositif DIM.

Privé de sa source de financement essentielle, l’IEC sera gravement amputé. Il était de fait la source presque exclusive de financements de recherche dédiés aux études de genre (financement de thèses et de post-doctorats), il a permis la traduction d’ouvrages majeurs qui n’étaient pas encore disponibles dans notre langue, a organisé de nombreuses manifestations scientifiques, et permis des échanges entre recherche et société civile à travers ses assises annuelles ainsi que les cafés de l’IEC. Le rôle joué par l’IEC, son apport et son bilan, sont sans équivalent.

La disparition de l’IEC est donc autant le résultat d’un choix politique visant spécifiquement les études de genre qu’une conséquence des modalités de financements de la recherche. Malheureusement, ces modes de financements se trouvent particulièrement inadaptés concernant les sciences humaines et sociales, d’autant plus pour des champs encore peu institutionnalisés comme les études de genre. Le modèle du kickstarter des DIM ne fonctionne que si les domaines de recherche sont certains de trouver des financements pérennes une fois « lancés ». Ce dispositif de court terme ne suffit pas à des domaines qui ont besoin d’un soutien actif et engagé de la part des pouvoirs publics pour exister. Soulignons que les DIM prennent place dans un contexte politique où la recherche générale est de plus en plus appelée à être rapidement rentable – en atteste la création de l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui finance la recherche à coups de projets limités dans le temps et non plus sur une durée longue.

En outre, les capacités de financements privés des recherches sur le genre sont bien moindres que pour d’autres domaines (comme les thérapies génétiques qui font partie des nouveaux bénéficiaires des DIM). Les recherches sur le genre nécessitent un organisme pérenne qui puisse, comme l’IEC, financer des thèses, des journées d’études… Bien qu’elle progresse, l’institutionnalisation des études de genre reste balbutiante et fragile, de sorte qu’une réduction conséquente des financements de l’IEC leur porte un coup extrêmement grave. Elle a, de plus, lieu dans un contexte de difficultés budgétaires grandissantes pour les mouvements associatifs s’occupant des problématiques liées au genre, à l’image de la suppression des aides aux festivals de cinéma LGBT récemment dénoncée dans la région Auvergne Rhône-Alpes de Laurent Wauquiez.

Par conséquent, l’association EFiGiES dénonce le manque patent de financements pérennes pour la recherche en études de genre et appelle à maintenir la vigilance contre une instrumentalisation politique du champ visant à imposer une vision et un fonctionnement conservateurs de la société.

Nous signons l’appel lancé par des chercheur.e.s de l’université Paris 8 et vous invitons à le relayer largement. Nous appelons également à la mobilisation contre l’austérité dans la recherche.

Source bibliographique :
Bereni Laure, Chauvin Sébastien, Jaunait Alexandre, Revillard Anne, Introduction aux études sur le genre, Bruxelles, De Boeck Supérieur, 2012.

Assemblée générale d’EFiGiES

La prochaine Assemblée Générale de l’Association EFiGiES aura lieu
le samedi 7 novembre 2015, à partir de 15h,
à la Maison des Initiatives Etudiantes
Nous y discuterons le bilan des actions de l’association pour l’année écoulée, et présenterons en détail l’ensemble de nos activités ainsi que les projets à venir. Le nouveau bureau d’EFiGiES sera élu à cette occasion.

Si vous souhaitez vous impliquer dans la vie de l’association, créer/reprendre un atelier EFiGiES, ou tout simplement vous informer et faire connaissance avec les membres de l’association, rejoignez-nous au 50 rue des Tournelles, 75003 Paris (métro Bastille/Chemin Vert), en salle de conférences.

A la suite de l’AG, nous nous retrouverons pour un verre dans un bar à proximité.

En espérant vous y retrouver nombreux-ses,
Féministement,

le bureau d’EFiGiES